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U comme Un an déjà

Le froid me piquait la peau, c’était peut-être lui qui me mettait les larmes aux yeux, ou alors c’était le grand soleil, quelque chose de vif et d’éblouissant en tout cas, qui venait chercher quelques larmes au fond de moi, je jure pourtant que j’étais pas triste, vraiment, ce serait trop simple de dire que les larmes ne concernent que les gens tristes, mais le geste que j’ai fait pour essuyer les larmes du revers de ma main glacée, (parce que je ne mets jamais de gants, je crois que j’aime voir mes doigts rougis par le froid, ça fait des mains plus fragiles, plus vivantes), ce geste-là, donc, je m’en souviens, m’a fait du bien, c’était un geste qui avait en lui de la force, un geste qui me donnait à la fois de la rage et du courage, alors j’ai sorti mon téléphone de ma poche et jai enfin osé composer le numéro que je connaissais par cœur, depuis un an exactement.

Une année que je n’ai pas appelé ces dix chiffres qui, pourtant, restaient gravés dans ma mémoire à tout jamais. A l’époque, j’ai eu peur, peut-être, à l’idée de la rappeler… Ma belle Emma.

Innombrables sont les adjectifs pour la décrire : belle, passionnée, douce, intelligente, remarquable, éblouissante…

Bref, à mes yeux, tout était parfait chez elle.

Pourtant, j’avais hésité à la voir, depuis maintenant un an. Chaque soir dans ma chambre, je méditais sur la question pendant des heures. Je restais inerte devant mon téléphone. C’était maintenant.

– Allô ? me répondit une voix une voix cristalline à l’autre bout de la ligne.

– Oui, Emma, c’est moi. Ne fais pas semblant de ne pas me reconnaître. Tu sais parfaitement qui je suis, dis-je d’un ton que j’aurais souhaité moins abrupt et menaçant.

-Oh mon Dieu…

Je ne l’ai même pas laissée finir sa phrase.

Écoute, je vais faire ça très rapidement, cela fait plus d’un an que je pense à t’appeler et je voudrais te reparler. Je veux te voir, j’ai passé une année atroce sans toi. Je… Enfin… Après une profonde inspiration, j’ai craché l’expression qui restait coincée dans ma gorge depuis un moment.

-Est-ce qu’on pourrait se voir après les cours ? Où tu veux.

A ma grande surprise, elle répondit d’un ton bienveillant.

– Bien sûr ! Eh bien disons, lundi prochain, à 17h15 dans le parc à côté de chez moi ?– D’accord.

Sur ce, ma conversation avec Emma s’est achevée sur ces dernières paroles. J’avais senti son émotion, malgré la douceur de sa voix Tout cela devait lui rappeler (je suppose) de douloureux souvenirs. Emma et moi, nous avions eu une relation très compliquée, ses parents et la plupart de ses autres amis ne souhaitaient pas notre relation… Mmh… particulière. Je l’ai déjà dit mais c’est compliqué a expliquer. Mais je voulais la revoir, elle occupait mon esprit et ma pensée depuis un an et j’espérais qu’elle avait mûri pour enfin commencer quelque chose de nouveau, de différent, j’espérais que les commentaires bornés des autres ne l’atteindraient plus. A la fois je ressentais une joie immense qui me donnait envie de hurler de toute ma voix dans la rue passante mais je ressentais aussi une douleur intense et toujours présente, à l’idée de la perdre à nouveau.

J’ai marché jusqu’à chez moi le plus rapidement possible, d’un pas décidé.

Une fois chez moi, j’ai plongé sur mon lit en ne songeant à rien. Mon corps entier envoûpar sa douce voix.

Le jour J, je ne pourrais décrire le torrent d’émotions qui parcouraient tout mon corps. J’étais dans touts mes états !

Bref, comme prévu, j’ai quitté le collège, pour le parc comme convenu, à l’endroit même où je l’avais rencontrée, le banc noir et blanc couvert de graffitis.J’avais cinq minutes d’avance. J’étais un peu maniaque sur ce point làElle est arrivée, mon cœur battait la chamade. Après un an, elle avait beaucoup changé, je ne saurais décrire comment.Elle s’est assise à côté de moi et elle a commencé à parler :

– Salut,me dit-elle d’un ton qui laissait paraître sa gêne.

– Bonjour Emma.

– J’ai réfléchi, et je pense que je suis prête maintenant. Je suis prête pour tout recommencer.

– Vraiment ?

– Oui, les autres ne m’importent plus et j’ai eu tout le temps du monde pour y penser. Mes amis, ma famille, je me moque de leur avis ! Avant c’était important, mais plus maintenant ! Je me fiche de leurs commentaires !

– Vraiment ? C’était le seul mot qui me venait à ma bouche, car le choc, l’étonnement, la surprise! Qu’elle soit enfin d’accord avec moi !

– Je… Je suis tellement heureuse Emma, qu’on puisse enfin être ensemble sans se cacher éternellement des regards qui t’importaient tant.

– Louise, viens donc avec moi, je veux rattraper tout ce temps perdu, séparées l’une de l’autre.

– Avec plaisir !

On s’est baladées pendant plus de deux heures dans ce parc qui, au coucher de soleil, donnait une vue magnifique sur la ville, on était fortes et on allait se battre contre les préjugés. On a marché. On a parlé. Main dans la main, enfin.

U comme Un jour qui allait être parfait

Ils étaient partis en lune de miel une semaine après s’être mariés. Les trois premiers jours se passèrent très bien. Ils étaient partis en Corse.

Or, un soir, cinq gendarmes débarquèrent dans leur hôtel. Ils étaient venus chercher le jeune homme de dix neuf ans pour l’embarquer : lui même ne connaissait pas la raison. Les cinq gendarmes prirent le jeune homme de force pour l’emmener devant leur supérieur. Le jeune homme était furieux tandis que le commissaire était plutôt aimable avec lui. Après dix longues minutes de discussion entre eux, le commissaire préféra néanmoins le garder pour la nuit.

Le lendemain, les hommes firent semblant de ramener le jeune homme jusqu’à chez lui, c’était un opposant politique, c’était la cause de son enlèvement. Ils l’emmenèrent  dans une prison. Le jeune homme haineux  pensait déjà à se venger.

Dix ans passèrent, et le jeune rencontra dans la prison où il était toujours un très vieil homme qui lui aussi s’était fait embarquer sans raison comme le jeune homme. Le vieil homme lui expliqua que c’était un coup monté, et que ici tout le monde mourait.

Un dimanche, le jeune homme tenta le tout pour le tout. A l’heure du repas, il prit sa casserole puis mit un coup de toutes ses forces sur la tête du garde afin de l’assommer. Il réussit son coup, il fit évader le vieil homme avec qui il était devenu ami puis ils prirent la fuite à cheval en direction de leur village.