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Concours de nouvelles : prenez de l’élan !

Cette année encore, le festival Etonnants voyageurs organise un concours de nouvelles à destination des 11-18 ans : c’est à vous de jouer !

Une nouvelle est un histoire courte, centrée sur deux ou trois personnages et sur un événement très particulier. Souvent la fin en est surprenante, déroutante, parfois elle invite le lecteur à la réflexion.

Vous avez ici le choix entre deux débuts de nouvelle : choisissez celui qui vous inspire le plus. Venez me voir si vous souhaitez concourir et je vous inscrirai.

Mais d’abord allez vous promener sur le site pour découvrir le programme !

http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article23640

H comme Haïku

Un vieil étang
Une grenouille qui plonge,
Le bruit de l’eau.

Bashō

Le Haïku est en forme poétique japonaise. Vous pouvez vous y essayer. Quelques contraintes, venus de l’Empire du soleil levant :

– Trois vers – ni plus, ni moins. Les Japonais doivent respecter une métrique très stricte. Vous êtes libre ici.

– Evoquer une sensation – pas un sentiment : cela a trait à l’un de vos cinq sens – la vue, l’odorat, le goût, le toucher, l’ouïe. Cette sensation procurera une émotion.

– Evoquer un élément de la nature – saison, animal, végétal, moment de la journée…

  • Le Haïku est un pème rapide, vif et concis. Il ressemble à un polaroïd… Il a le droit  de s’amuser, de sourire, il utilise l’humour et peut avoir recours aux figures de style !

Fourmi !
Tu as beau grimper à la rose
Le soleil est encore loin.

Shinohara Hôsaku

C comme Choses qui…

Choses qui font battre le cœur
Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse du fond du cœur.
Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.

Choses qui font naître un doux souvenir du passé
Les roses trémières desséchées.
Les objets qui servirent à la fête des poupées.
Un jour de pluie, où l’on s’ennuie, on retrouve les lettres d’un homme jadis aimé.
Une nuit où la lune est claire.

Choses qui remplissent d’angoisse
Regarder les courses de chevaux.
Tordre un cordon de papier, pour attacher ses cheveux.
Avoir des parents ou des amis malades, et les trouver changés. À plus forte raison, quand règne une épidémie, on en a une telle inquiétude qu’on ne pense à rien d’autre.
Ou bien un petit enfant qui ne parle pas encore se met à pleurer, ne boit pas son lait, et crie très longtemps, sans s’arrêter, même quand la nourrice le prend dans ses bras.
Quand une personne que l’on déteste s’approche de vous, on ressent, de même, un trouble indicible.

Choses qui ne servent plus à rien, mais qui rappellent le passé
Une natte à fleurs, vieille, et dont les bords usés sont en lambeaux.
Un paravent dont le papier, orné d’une peinture chinoise, est abîmé.
Un pin desséché, auquel s’accroche la glycine.
Une jupe d’apparat blanche, dont les dessins imprimés, bleu foncé, ont changé de couleur.
Un peintre dont la vue s’obscurcit.
Dans le jardin d’une jolie maison, un incendie a brûlé les arbres. L’étang avait d’abord gardé son aspect primitif ; mais il a été envahi par les lentilles d’eau, les herbes aquatiques.

Sei Shônagon, Notes de chevet, XIème siècle

Jean Tardieu, Au conditionnel

Si je savais écrire, je saurais dessiner.

Si j’avais un verre d’eau, je le ferais geler et  je le conserverais sous verre.

Si on me donnait une motte de beurre, je la ferais couler en bronze.

Si j’avais trois mains, je ne saurais où donner de la tête.

Si les plumes s’envolaient, si la neige fondait, si les regards se perdaient, je leur mettrais du plomb dans l’aile.

Si je marchais toujours tout droit devant moi, au lieu de faire le tour du globe, j’irais jusqu’à Sirius et au-delà.

 

Si je mangeais trop de pommes de terre, je les ferais germer sur mon cadavre.

Si je sortais par la porte, je rentrerais par la fenêtre.

Si j’avalais un sabre, je demanderais un grand bol de Rouge.

Si j’avais une poignée de clous, je les enfoncerais dans ma main gauche avec ma main droite et vice versa.

Si je partais sans me retourner, je me perdrais bientôt de vue.

Jean Tardieu, Laccent grave et laccent aigu.

A comme Abécédaire

Texte où les initiales des mots successifs suivent l’ordre alphabétique.

Exemple :

Inventaire : A brader : cinq danseuses en froufrou (grassouillettes), huit ingénues (joueuses) kleptomanes le matin, neuf (onze peut-être) quadragénaires rabougries, six travailleuses, une valeureuse walkyrie, x yuppies (zélées).

Oulipo

B comme Boule de neige

Victor Hugo, dans les Djinns, s’amuse à un jeu très savant : chaque strophe voit la longueur de ses vers augmenter.  Ce sont les djinns qui se réveillent dans la nuit : « Cris de l’enfer ! Voix qui hurle et qui pleure ! » Puis ils passent, peu à peu, jusqu’à laisser le silence s’installer.

Il existe de nombreuses formes de boules de neige. On peut augmenter le nombre de syllabes à chaque strophe, ou bien le nombre de mots à chaque vers, ou bien simplement le nombre de lettres…

Attention ! Le ton monte !

Et redescend…

R comme Récit

Un récit : voilà ce que vous avez à rédiger, mes élèves de 4èmes.  Raconter une histoire, ce n’est pas une mince affaire.  Alors, curieusement, pour vous aider, je vous propose quelques passages obligés, qui suivront les différentes étapes de votre récit : « Il ou elle était… », « Or, un soir », « Le lendemain… », « Dix années passèrent… », « Un dimanche… » Voilà vos cinq paragraphes !

Imaginez deux ou trois personnages, pas plus. Vous pouvez être l’un d’eux.

Quelques mots  en commun et votre imagination vous conduira dans des voies totalement différentes. C’est le pouvoir des mots : combinés de toutes les façons, ils peuvent créer des mondes, des paysages, des drames ou des situations cocasses.

J’ai hâte de vous lire.

B comme Boustrophédon

Quel drôle de nom pour un blog ! Oui, c’est fait pour être drôle, énigmatique, engageant peut-être.

Ce blog, c’est le vôtre, celui que vous nourrirez chaque semaine. Je vous donnerai quelques règles, des contraintes d’écriture, et la balle sera dans votre camp.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Je vous souhaite beaucoup de plaisirs dans cet atelier d’écriture, dans cette forge où vous apprivoiserez les mots, travaillerez votre grammaire, parfois sans le savoir comme M. Jourdain, où vous vous amuserez à écrire et à lire vos camarades.

Voici votre blog : il sera aussi joli que ce que vous écrirez !