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Erreurs

Le froid me piquait la peau, c’était peut-être lui qui me mettait les larmes aux yeux, ou alors c’était le grand soleil, quelque chose de vif et d’éblouissant en tout cas, qui venait chercher quelques larmes au fond de moi, je jure pourtant que j’étais pas triste, vraiment, ce serait trop simple de dire que les larmes ne concernent que les gens tristes, mais le geste que j’ai fait pour essuyer les larmes du revers de ma main glacée, (parce que je ne mets jamais de gants, je crois que j’aime voir mes doigts rougis par le froid, ça fait des mains plus fragiles, plus vivantes), ce geste-là, donc, je m’en souviens, m’a fait du bien, c’était un geste qui avait en lui de la force, un geste qui me donnait à la fois de la rage et du courage, alors j’ai sorti mon téléphone de ma
poche et j’ai enfin osé composer le numéro que je connaissais par cœur, depuis un an exactement.
Je me sentais courageuse, car malgré les grands regrets que j’avais, rien ne m’empêchait de l’aimer. Me rappeler son magnifique visage m’aidait à me redonner confiance en moi.
Je n’ai pas pu m’empêcher de garder le téléphone à distance (et non pas à mon oreille) , car ce silence  et le vibreur qui me donnait encore plus de frissons me chagrinaient.
Puis j’ai entendu sa douce et tendre voix qui m’apaisait : « Allo ? C’est qui ? » J’aurais aimé répondre : « C’est Doriane ». Mais le courage s’est perdu en moi : « Désolée, je me suis trompée de numéro ». J’ai raccroché et, après ce courant d’émotion, j’ai décidé de rentrer chez moi, pour fuir ce que je n’avais pas été capable de faire.
Sur le chemin, tous mes regrets s’alourdissaient et les remords ressortaient, et mes pensées m’accompagnaient tout le long de mon chemin.
Au bout de la rue, chose incroyable depuis un an que je ne l’avais pas vu, je tombe nez à nez avec lui, avec qui j’aurais voulu revivre une belle histoire d’amour. Je le salue comme si rien ne s’était passé, il me fixe et me prend ma main sur ces mots  :  » Doriane, tu me manques ! » A ce moment précis, j’étais bouleversée et si joyeuse de le revoir. « Je sais… » ai-je répondu, puis  nous nous sommes quittés. J’ai continué mon chemin  et j’ai réfléchi : j’ai décidé de lui donner rendez-vous, par mail, pour que nous puissions enfin  discuter de nos regrets à tous les deux.
Le lundi suivant, j’ai revu celui que j’avais perdu de vue, nous avons parlé de notre passé, puis nous sommes allés nous promener.
Toute la soirée, nous avons pu échanger quelques messages, puis il m’a annoncé qu’il avait encore des sentiments pour moi, je ne lui ai pas répondu tout de suite, alors il m’ a proposé de venir chez lui le lendemain.
La nuit est longue, j’ai hâte !

Sa voix si calme, si grave

Le froid me piquait la peau, c’était peut-être lui qui me mettait les larmes aux yeux, ou alors c’était le grand soleil, quelque chose de vif et d’éblouissant en tout cas, qui venait chercher quelques larmes au fond de moi, je jure pourtant que j’étais pas triste, vraiment, ce serait trop simple de dire que les larmes ne concernent que les gens tristes, mais le geste que j’ai fait pour essuyer les larmes du revers de ma main glacée, (parce que je ne mets jamais de gants, je crois que j’aime voir mes doigts rougis par le froid, ça fait des mains plus fragiles, plus vivantes), ce geste-là, donc, je m’en souviens, m’a fait du bien, c’était un geste qui avait en lui de la force, un geste qui me donnait à la fois de la rage et du courage, alors j’ai sorti mon téléphone de ma poche et j’ai enfin osé composer le numéro que je connaissais par cœur, depuis un an exactement.
Ce numéro me rappelait l’hiver. Non pas la froideur enivrante, mais bel et bien la chaleur réconfortante des fêtes de fin d’année. Cette personne à qui appartenait ce numéro possédait  des yeux d’un bleu si clair qu’ils me rappelaient la beauté éphémère d’un flocon. J’aimais la contempler pendant des heures sans jamais me lasser. Malgré mon coeur qui était devenu de glace, peu à peu le souvenir de l’amour et la joie de vivre que dégageait cette personne l’avaient fait fondre.
Un jour elle m’avait dit que chaque bonne chose avait une fin, que chaque flocon finissait par fondre. Au début, je ne comprenais pas cette phrase…
Mais, un jour alors que comme je faisais ma promenade habituelle sous cet or blanc, je l’ai vue inerte, allongée sur le sol. A la simple vue de ses larmes qui avaient gelé, j’ai compris. Ma mère était bel et bien morte, elle était encore plus belle sous cette neige qu’elle adorait tant. J’ai compris la signification de cette maudite phrase qu’elle avait dite.
Les premiers mois ont été durs après sa mort, la neige qui me paraissait si belle et si enivrante m’est apparue dure et froide…
Alors quand j’ai essayé de l’appeler de façon absurde pour me souvenir du bon vieux temps, je suis tombé sur le répondeur, toujours le même, avec sa voix, si grave, si calme, si chaleureuse,  et j’ai pleuré pour la dernière fois.