Category Archives: B

B comme Balai d’été et vacances de sorcière

Un jeu de mariée et une robe de cartes.

Le gâteau d’opéra et le chanteur d’anniversaire.

Une pièce de grenadine et un sirop d’or.

Une machine de pompier et un camion à écrire.

Un maillot d’arbre et un tronc de bain.

Un nom à la vanille et un flan de famille.

Un balai d’été et des vacances de sorcière.

Une salle de papier et une feuille de bain.

Un pot à roulettes et des patins à crayons.

Un tube à la tomate et une soupe de colle.

B comme Baguette du futur

Un serpent en rose avec la vie à sonnette
L’Hydre des guêpes avec un nid de Lerne
Des lunettes de thé avec une tasse de soleil
Une pâte de voiture avec un accident à tartiner
Un jour de crocodile avec des larmes de chance
Les travaux de bois avec un crayon d’Hercule
Une bouteille d’école avec une trousse d’eau
Un cahier de contes avec un livre de textes
Une baguette du futur et le retour vers le pain
Et la chair en or avec une pièce de poule.

B comme Bonhomme de porcelaine

Le vernis d’Adam  avec la pomme à ongles

Le manuel de Noël avec un cadeau de français

Le placard d’angoisse avec une crise à gateaux

Un bateau d’oiseau  avec un nid de pirates

Les travaux à lèvres avec le rouge d’Hercule

Le bonhomme de porcelaine avec la poupée de pain d’épices

La Reine à thé avec une tasse d’Angleterre

Une trousse de sport avec  une voiture à crayons

Un cahier de fraise avec une confiture d’exercices

Le clavier d’abeilles avec la ruche d’ordinateur

Un nid de flûte, avec un joueur d’oiseaux

B comme Boule de Neige

Une boule de neige de longueur n est un poème dont le premier vers est fait d’un mot, le second de deux mots, le trosième de trois mots, etc…. Le nième vers a n lettres. On peut aussi faire fondre la boule de neige : elle grossit jusqu’à n, puis fond pour revenir à un seul mot.

Ici

un petit

atelier d’écriture :

la     boule     de     neige

grossit, grossit, jusqu’à devenir

énorme et renverser tout sur son

passage et puis redescend la

pente pour s’écraser

tout en bas

de    la

page.

Il existe des boules de neige métriques. La plus célèbre est celle des Djinns de Victor Hugo :

Murs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C’est l’haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu’une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D’un nain qui saute
C’est le galop.
Il fuit, s’élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d’un flot.

La rumeur approche.
L’écho la redit.
C’est comme la cloche
D’un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s’écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !… Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l’escalier profond.
Déjà, s’éteint ma lampe,
Et l’ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu’au plafond.

C’est l’essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l’espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! — Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu’une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l’enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L’horrible essaim, poussé par l’aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s’abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle, penchée,
Et l’on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu’il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon.

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J’irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d’étincelles,
Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! — Leur cohorte
S’envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L’air est plein d’un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l’on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d’une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d’un vieux toit.

D’étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des Arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s’élève
Et l’enfant qui rêve
Fait des rêves d’or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde ;
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu’on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s’endort,
C’est la vague
Sur le bord ;
C’est la plainte,
Presque éteinte,
D’une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit…
J’écoute : —
Tout fuit,
Tout passe ;
L’espace
Efface
Le bruit.

Victor Hugo, Les Orientales, 1829

B comme Baleine

Contrairement à ce que vous pourriez croire, mon double n’est pas en tous points semblable à moi.

Elle est, dans l’ensemble, beaucoup moins bien que moi.

Moi, par exemple, je suis très à l’écoute et attentionnée ; elle est bruyante et bavarde, c’est une vrai pie. Je suis intelligente mais elle est extrêmement naïve à tel point qu’on pourrait lui faire croire que le sel « La Baleine » provient des cétacées. Moi, j’ai de magnifiques cheveux crépus. Les siens se frisent au moindre contact avec l’eau et on dirait que son front commence à se dégarnir. J’ai aussi de très beaux yeux bridés qui me donnent un air asiatique tandis qu’elle, elle a de minuscule yeux qui se ferment à chaque fois qu’elle sourit. J’ai un joli sourire brillant et elle un appareil dentaire semblable à un filet de pêche quand elle mange.

Elle est très jalouse et possessive donc elle ne veut pas que je fréquente d’autre gens mais comme je suis compréhensive je lui tiens compagnie pour ne pas qu’elle commette de meurtre.