Category Archives: À la façon de La Bruyère

Arthur

Arthur a le cheveu lisse, l’oeil fixe et assuré et la poitrine gonflée, les jambes longues, la démarche ferme.

Il est très arrogant, il est très orgueilleux, il ne fait qu’un avec son avidité et il parle avec insouciance. Il ne parle qu’à la première personne et il se met toujours en avant. Il a un masque, il joue la comédie et il sourit. Il ne tient des promesses que lorsque que cela l’arrange, il fait des alliances et il frappe dans le dos.

Il ment et on le croit. Il nous regarde et on baisse les yeux. On ne peut le contredire, on ne peut lui désobéir ; on ne peut le toucher, on ne peut lui parler.

Il est très bon menteur, libertin, égoïste, très prometteur et présomptueux.

Il est président.

Tina

Tina a le visage fin et la peau lisse, des yeux perçants, couleur océan, le nez fin et la bouche pulpeuse, des cheveux blonds vénitiens et des formes là où il le faut. Sa démarche et ses paroles sont assurées. Elle ne porte que des vêtements de marque et n’hésite pas à juger les vêtements dits bas de gammes de certaines filles de son école. Toujours accompagnée, elle a tellement d’amis qu’il faut réserver sa place pour pouvoir rester ou sortir avec elle. Dans les couloirs, elle passe et l’on s’écarte, elle domine, et l’on s’incline. Elle ne travaille pas, on travaille pour elle. Au réfectoire, elle double la file d’attente mais l’on ne proteste pas, elle a sa table attitrée et on ne s’y assied pas sans son autorisation. L’école est comme un petit château dont elle est la reine. Alors elle commande et on la suit. Sa présence suffit à faire tomber le coeur des garçons, notamment celui du plus beau de l’école et convoité par beaucoup d’autres filles. Dehors, on la salue ou on lui fait la bise pour montrer qu’on la connaît et ainsi avoir du mérite auprès des autres. C’est aussi un honneur de lui porter ses affaires. Elle possède toutes les qualités requises, on ne lui trouve aucun défaut. Tout doit être parfait chez elle. C’est l’incarnation d’Aphrodite : recherchée, jalousée, copiée… Elle se croit au dessus des autres et elle a bien raison. Chouchoutée par les professeurs et le directeur, elle fait tout pour avoir les meilleures notes de l’école pour ainsi montrer que c’est elle la meilleure. Dans la rue, il arrive qu’on lui demande une photo avec elle ou pour les vrais fans un autographe. Elle est prétentieuse et possède un grand égo et c’est aussi une très bonne actrice pour manipuler les autres. Elle est une déesse, tout lui est acquis.

Elle est populaire.

Augustin

Augustin a le visage allongé, une petite bouche, il est maigre et il a de grandes jambes.
Vestimentairement parlant, il s’habille dans des boutiques vintage : il porte toujours un couvre-chef. Lui ne fait pas attention au prix de ses habits mais à leur composition  : si le pull n’est pas conforme aux lois du bio, il est hors de question pour lui de le mettre.

Quand Augustin discute, le sujet de la discussion n’est plus un secret, bien évidemment elle portera autour de l’écologie. Augustin connaît ce domaine comme sa poche, il parle et on écoute ; si l’on n’est pas d’accord avec lui, on est alors retiré de son cercle d’amis.

Augustin n’a qu’un seul enfant, car il préfère s’occuper de la situation écologique de la ville que de son enfant. Augustin ne se déplace qu’a vélo car il est hors de question de polluer pour lui. De temps à autre Augustin part en week-end à la campagne pour se purger de tout le gaz carbonique qu’il a ingurgité à longueur de journée.

Il n’est pas drôle, au point sur l’écologie, il a peu d’enfants et il est aisé.

C’est un bobo .

P comme Paris tragique

Nous étions aujourd’hui à Paris. Nous avions  tous une petite faim puis nous avons mangé. Les bateaux-mouches nous  intriguaient et étaient tous luxueux. Les arbres étaient de toute beauté,  ils étaient impressionants.

Paris est magique.

Puis je songeai à rentrer chez moi. J’habitais à 15 rue Molière, à Ivry.Je mis mon GPS puis je le suivis à la lettre. Une heure, deux heures passèrent et la route pour moi était interminable.

Gérard

Gérard a le visage rond, les cheveux grisonnants et fuyants, la barbe mal taillée et le regard insistant derrière ses petites lunettes, qui vous examine de haut en bas. Il est de petite taille mais se croit grand. Il porte des chemises à carreaux trop petites car son miroir est truqué : il lui montre un homme fort, grand et mince.

Il vit chez sa mère, qui fait tout pour lui, lui lave son linge, le nourrit, et jamais il ne la remercie. Il ne cuisine pas.

Il  rit plus fort que tout le monde, d’un rire gras, il râle. Il commente le physique des présentatrices télé, et conclut le visionnaire de l’interview d’une auteure par « elle a quand même sacrément grossi ! » Il gagne plus que sa collègue féminine, de même niveau hiérarchique. Il a raté sa carrière et reste amer de voir des femmes au-dessus de lui dans sa société.

Il offre à sa nièce une poussette et un poupon « pour qu’elle se prépare ». Il remonte le fauteuil de son bureau pour se sentir supérieur, il méprise sa secrétaire et l’appelle « ma grande » ou « ma jolie » devant une vingtaine d’hommes en réunion.

Il critique les femmes en congé maternité, il critique les femmes qui n’ont pas d’enfants avant trente ans : « l’horloge maternelle tourne ! »

Il parle, et elles écoutent, il rit, elles se taisent, elles sont gênées, mais elles ne disent rien, car elles veulent garder leur poste. Et ils l’encouragent, ils rient avec lui. Il fait peur.

Il est arrogant, vulgaire, insolent, il a des avis politiques tranchés et personne ne le fera changer de point de vue, encore moins une femme. Il a une confiance aveugle en lui-même. Il est imposant, grotesque, grossier, injuste et discriminant.

Il est misogyne.