Category Archives: À la façon de La Bruyère

S comme si impressionnant

Arthur a le teint frais, une jolie mine, il est grand, beau, musclé, possède un tas de smartphones, un tas de vêtements de marques.
Dès que quelqu’un ose écraser ses chaussures de marques, c’est la folie, une crise cardiaque pour lui, comme un tremblement de terre.
Quand il parle, on l’écoute, quand il s’arrête de parler, on attend que sa parole d’or revienne aux oreilles des entendeurs.
Arthur met à l’écart tout ceux qui ne sont pas de sa catégorie, la catégorie du « style beau gosse » comme il dit, il est arrogant et se vante à tout va.
Dès qu’il obtient un nouvel objet de valeur ou de marque, tout le monde est au courant, réseaux sociaux, textos, photos, c’est la débandade.
Bref, Arthur est matérialiste.

Uniquement moi

Tom a le teint frais. Il est merveilleux et surpasse tout le monde. Du moins, il essaye de nous en persuader. Il n’aide pas les gens qui en auraient besoin, mais n’accepte pas qu’on ne l’aide pas. Il aime recevoir, mais pas donner. Il sait tout, pense t-il, mais jamais il ne partagera ses connaissances avec son entourage, inférieur à lui d’après ses paroles.

Il n’offre jamais de cadeaux pour les anniversaires, mais exige en avoir un quand le sien arrive. Il ne vit que pour soi et les autres  sont à son égard comme s’ils n’étaient point. Il ne pleure pas la mort des autres mais appréhende uniquement la sienne. 

Il n’invite jamais personne à dîner, après tout pourquoi le faire quand ont peut rester avec soi-même ? Il ne partage pas ce qui lui est propre, et… aussi ce qui ne lui est pas. 

Il raconte ses problèmes aux autres, mais fait la sourde oreille quand on aimerait lui faire part des nôtres. Il ne prête attention qu’aux histoires dont il est le héros.

C’est le seul humain présent et important, si l’on en croit ses mots.

Evidemment, Tom est égoïste.

Pouponne

Nico Robin a les cheveux bleu marine, soyeux et  brillants : elle passe  deux heures par jour à les brosser en répétant en boucle « Qu’est-ce qu’ils sont beau mes cheveux ».

Elle parle d’elle , d’elle et encore d’elle, pourtant il n’y a pas de quoi. En fait elle s’admire je crois même qu’elle est tombeée amoureuse de son reflet. De toutes manières, si ce n’est pas elle qui s’aime, personne ne va l’aimer donc, en fin de compte, elle a bien raison.

Mais elle , elle abuse, elle se pouponne le visage durant des heures et des heures. Elle se regarde dans le miroir et ne fait que se complimenter. Mais attention, si c’est vous qui la complimentez, elle vous répond agressivement : « Je sais déjà que je suis parfaite c’est pas la peine de me le dire ».

Nico Robin est narcissique.

Personne

Roland est jeune, petit et de peau claire. Il est maigre et fragile, il a les yeux bleus, il est imberbe. Il marche lentement le regard baissé. Son regard n’entre en contact avec personne. Sa personne est son principal centre d’intérêt. Sa vie se détermine par « lui ». Le malheur des gens ne touche pas sa conscience.  Dès qu’une personne vient lui demander de l’aide, il leur crache dessus intérieurement car les autres n’importent pas à ses yeux. Tant que personne ne chamboule son monde, ne perce sa coque cristalline, Roland ne réagit pas. Il est aigri, seul, il n’aime rien, il ne supporte personne à part sa personne, il aime vivre dans son confort à lui. Il ne veut pas des autres. Il est égocentrique et seule sa personne compte.

Lente et endormie

Elle a la peau claire, le visage fatigué et les cernes gonflés, l’oeil vide qui tremble, le dos arrondi, la démarche lente et endormie. Elle sort toujours après la station de métro où elle devait sortir. Elle part de chez elle à 8h19 sachant qu’elle habite à 15 min de l’école et que les cours commence à 8h25. Elle arrive toujours le soir à ses rendez-vous  qui sont prévus dans la journée. Elle parle, puit s’endort directement comme un paresseux. Elle n’a jamais pris l’avion, vous avez compris pourquoi !

Elle est fatiguée, courbée, paresseuse, mystérieuse, rêveuse ; elle ne veut jamais rien planifier. C’est une retardataire.

Bonne mine

Paul a bonne mine, le visage enjoué et un large sourire, le regard clair et admiratif, le corps fin et la démarche sûre et droite. Il parle avec assurance. Il écoute très attentivement ce qu’on lui dit, et il boit les paroles de ses interlocuteurs. Ce n’est pas quelqu’un de grossier, au contraire, il a de très bonne manières. Lorsque l’on lui raconte une nouvelle, il croit l’orateur sur parole et ne perd pas une miette de ce qu’on lui dit. Même si le récit est invraisemblable, il ne songe pas une seconde que c’est un mensonge. Certains en abusent parfois, comme lorsque des personnes peu fréquentables lui demandent des services en lui promettant qu’ils le lui rendront, il s’exécute même si chacun sait que ces gens se moquent de lui. La possibilité qu’ils lui mentent ne lui traverse même pas l’esprit. De prime abord, on pourrait penser qu’il fait preuve d’une extrême bonté mais ce n’est pas le cas. Quant à lui, on n’écoute que très peu ce qu’il raconte car ce sont souvent de fausses histoires que lui pense être vraies. Il faut aussi dire qu’il ne fait pas preuve d’une intelligence hors du commun. Il agit sans réfléchir et, à la fin de l’histoire, il est souvent perdant. Mais il est une chose qu’on ne peut lui reprocher : sa joie de vivre. Il est joyeux, impulsif, audacieux, affable. Il est Naïf.

Sa ka maché

Félix-Nathalie a le teint mat, le visage et le haut de son front rongé par la calvitie, le regard doux et rieur, les épaules droites, l’estomac gonflé par les bières bues entre copains, la démarche lente mais assurée. Il parle très fort : quand il est au téléphone dans la rue, on se sent concerné par la discussion, personne ne veut l’écouter mais tout le monde l’entend. Il boit du rhum, il a l’alcool joyeux ; il boit beaucoup, mais jamais trop. Il aime la musique. En voiture, il ne peut s’empêcher de marquer les rythmes en tapotant sur le volant. Il danse en soirée sur tout type de musiques, il a le rythme dans la peau. Il aime beaucoup les femmes : il sait les charmer mais elles ne lui font pas confiance. D’où il vient, il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Il fait la sieste après chaque repas sur son hamac au frais du vent. Il ne faut pas le brusquer : avec lui c’est doucement le matin et tranquillement l’après-midi. S’il a du retard, et il en a souvent, vous le verrez trouver un excuse tout droit sortie de son imagination mais qui vous force à lui pardonner, il vous fait un grand sourire et se moque de vous sur votre ponctualité : « tranquille doudou! ».

Il est bon-vivant, posé, dragueur, infidèle, lent, confiant, moqueur, sûr de lui : il se croit irréprochable. Il est antillais.

En question

Ivy a le teint halé, le regard profond et intuitif, le pas assuré à l’allure décidée. Elle est sûre d’elle, elle ne laisse jamais transparaître aucune émotion, aucun sentiment. Elle a les cheveux épais et fournis. Elle ne se remet jamais en question. Elle semble ne jamais commettre d’erreurs. Elle ne doute jamais, ne se méfie pas des autres. Elle est à l’affût des faits et des gestes des autres. Elle pense qu’elle n’a plus rien à apprendre, qu’elle sait déjà tout. Elle part gagnante d’avance. Elle est confiante, déterminée, téméraire. Elle se croit plus forte que les autres. Elle montre aux autres qu’elle maîtrise ce qu’elle fait. Elle est crédible et dérange par son assurance. Elle est imbue de sa personne, prétentieuse, arrogante et ne doute pas un instant de son aspect. Elle est frôleuse, charmeuse, cassante, désarmante, touchante et ardente.
Elle a confiance en elle.

Célèbre à tout prix

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 Jane a le teint pâle, les traits du visage tirés, ses grands yeux creusés trahissent la fatigue des dernières semaines. Elle n’a que la peau sur les os, ses mains délicates telle de la porcelaine semblent pouvoir se briser à tout instant et pourtant ses doigts, d’une maigreur squelettique, s’agitent frénétiquement sur l’écran de son téléphone. Aspirée par la lueur blafarde de son écran, Jane se noie dans cette petite fenêtre ouverte sur ce monde virtuel, superficiel.

Toute la journée elle scrute sur internet si d’autres sont « plus belles » qu’elle, telle la reine des contes de Grimm, regardant ce téléphone comme si sa vie en dépendait et les messages persistants de son agent lui rappelant de faire attention, à sa ligne, à ses fréquentations, à ses vêtements, en attendant son prochain contrat avec une de ces grandes maisons de couture, qui ne veulent que des présentoirs à leurs dernières créations – luxe superficiel et inhumain mais faisant rêver toutes les femmes de la planète jusqu’à la folie.

Jane est heureuse d’être ce que toute femme souhaiterait d’être : une mannequin.

Charles-Edouard

Charles-Edouard se tient droit, le menton relevé, le regard fier et méprisant, les épaules hautes, le ventre serré. Il est habillé d’une chemise blanche et d’une longue veste queue de pie noire descendant jusqu’à ses pieds. Comme un pingouin, il marche droit, jamais de travers et se dandine légèrement. Il parle peu et, quand il ouvre la bouche, c’est soit pour y déposer un gigantesque cigare soit pour parler de lui à la troisième personne. Il pense qu’il est l’œuvre de Dieu. Il n’a jamais tort et les autres, à ses yeux, n’ont jamais raison. Il ne sort qu’en compagnie de sa cour qui le flatte et lui dit : « Monsieur, sans mentir, si votre allure se rapporte à votre coiffure, vous êtes le Phénix des hôtes de ces lieux ». A ces mots, il sourit discrètement, continue sa marche, sans montrer une trace de satisfaction. Lorsqu’il s’assoit, il croise ses jambes, pose ses deux mains sur ces genoux et fume son cigare. Il est hautain, fier, égoïste, se croit le plus fort, ne pense qu’à lui, ne parle que de lui, bref… il est prétentieux.