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S comme si impressionnant

Arthur a le teint frais, une jolie mine, il est grand, beau, musclé, possède un tas de smartphones, un tas de vêtements de marques.
Dès que quelqu’un ose écraser ses chaussures de marques, c’est la folie, une crise cardiaque pour lui, comme un tremblement de terre.
Quand il parle, on l’écoute, quand il s’arrête de parler, on attend que sa parole d’or revienne aux oreilles des entendeurs.
Arthur met à l’écart tout ceux qui ne sont pas de sa catégorie, la catégorie du « style beau gosse » comme il dit, il est arrogant et se vante à tout va.
Dès qu’il obtient un nouvel objet de valeur ou de marque, tout le monde est au courant, réseaux sociaux, textos, photos, c’est la débandade.
Bref, Arthur est matérialiste.

Bonkanovskyfié

Dans Le Meilleur des mondes, la reproduction naturelle n’existe plus. Les êtres sont classés par castes : Alpha, Bêta, Gammas, Deltas et Epsilons. Les Gammas, Deltas et Epsilons subissent le procédé Bokanovsky. C’est un procédé qui permet d’obtenir plusieurs cellules à partir d’une cellule œuf. C’est-à-dire qu’on obtient des cellules identiques qui donnent des êtres identiques. Nous pourrions nous demander : en quoi ce procédé est-il scandaleux ?

Tout d’abord, ce procédé est scandaleux car les êtres qui le subissent reçoivent une place sociale inférieure dans la société du fait d’avoir été bokanovskyfié. Aucun critère concret ne peut expliquer cet écart social. Ils ne sont ni physiquement ni intellectuellement inférieurs. Ils sont seulement nés d’une même cellule. Les êtres Deltas, Gammas et Epsilons sont au service des Alphas et des Bêtas. Ils sont mis à l’écart des autres, hiérarchisés dans des castes. Ils seront des mains-d’oeuvre dans les usines pour les castes supérieures.

Ensuite le problème de l’identité se pose. On leur impose qui être dès la cellule. Ils savent qu’ils sont voués à devenir des êtres inférieurs et donc ne peuvent aspirer à mieux. Ils se contentent de suivre les ordres. Ils n’ont aucune identité. Ils sont bloqués dans une image qu’on leur impose d’eux-mêmes. Ils sont tous conformes à ça. La cellule est divisée en plusieurs cellules identiques qui feront apparaître les mêmes êtres. Aucune distinction entre eux. Ils sont pareils à des produits fabriqués en usine. Ils ne se différencient pas et ne forment qu’une communauté. Ils se contentent d’être les sous fifres des autres.

Le procédé, en créant des castes, est scandaleux car il produit des inégalités. On divise la société en deux catégories : les Alphas, les Bêtas et les autres. Le fait que l’être humain puisse lui-même créer des castes et séparer les gens par niveau est scandaleux. Tout le monde pourrait subir le même traitement et encore une fois on crée des castes sur des arguments peu concrets : le temps resté en couveuse. On ne peut définir un être par ça. C’est scandaleux de vouloir mettre des gens au services d’autres gens. Surtout en leur imposant. C’est une société inégalitaire où la majorité est en fait une minorité puisque les castes supérieurs dominent.

Ce procédé est scandaleux car il appelle à la division de mêmes êtres, comme si nous étions différents. Il divise et empêche la distinction. Les gens le subissent et n’ont par leur mot à dire.

Uniquement moi

Tom a le teint frais. Il est merveilleux et surpasse tout le monde. Du moins, il essaye de nous en persuader. Il n’aide pas les gens qui en auraient besoin, mais n’accepte pas qu’on ne l’aide pas. Il aime recevoir, mais pas donner. Il sait tout, pense t-il, mais jamais il ne partagera ses connaissances avec son entourage, inférieur à lui d’après ses paroles.

Il n’offre jamais de cadeaux pour les anniversaires, mais exige en avoir un quand le sien arrive. Il ne vit que pour soi et les autres  sont à son égard comme s’ils n’étaient point. Il ne pleure pas la mort des autres mais appréhende uniquement la sienne. 

Il n’invite jamais personne à dîner, après tout pourquoi le faire quand ont peut rester avec soi-même ? Il ne partage pas ce qui lui est propre, et… aussi ce qui ne lui est pas. 

Il raconte ses problèmes aux autres, mais fait la sourde oreille quand on aimerait lui faire part des nôtres. Il ne prête attention qu’aux histoires dont il est le héros.

C’est le seul humain présent et important, si l’on en croit ses mots.

Evidemment, Tom est égoïste.

Pouponne

Nico Robin a les cheveux bleu marine, soyeux et  brillants : elle passe  deux heures par jour à les brosser en répétant en boucle « Qu’est-ce qu’ils sont beau mes cheveux ».

Elle parle d’elle , d’elle et encore d’elle, pourtant il n’y a pas de quoi. En fait elle s’admire je crois même qu’elle est tombeée amoureuse de son reflet. De toutes manières, si ce n’est pas elle qui s’aime, personne ne va l’aimer donc, en fin de compte, elle a bien raison.

Mais elle , elle abuse, elle se pouponne le visage durant des heures et des heures. Elle se regarde dans le miroir et ne fait que se complimenter. Mais attention, si c’est vous qui la complimentez, elle vous répond agressivement : « Je sais déjà que je suis parfaite c’est pas la peine de me le dire ».

Nico Robin est narcissique.

Personne

Roland est jeune, petit et de peau claire. Il est maigre et fragile, il a les yeux bleus, il est imberbe. Il marche lentement le regard baissé. Son regard n’entre en contact avec personne. Sa personne est son principal centre d’intérêt. Sa vie se détermine par « lui ». Le malheur des gens ne touche pas sa conscience.  Dès qu’une personne vient lui demander de l’aide, il leur crache dessus intérieurement car les autres n’importent pas à ses yeux. Tant que personne ne chamboule son monde, ne perce sa coque cristalline, Roland ne réagit pas. Il est aigri, seul, il n’aime rien, il ne supporte personne à part sa personne, il aime vivre dans son confort à lui. Il ne veut pas des autres. Il est égocentrique et seule sa personne compte.

Si seuls

Paris, le 13 mars 2019

Chère Olivia,
Tu dois sûrement être en Pologne lorsque je t’écris cette lettre, qui va sans doute fort t’intriguer.
Ici à Paris c’est assez particulier, surtout au niveau de la jeunesse.
Tu veux que je t’explique, toi qui n’as jamais visité Paris et ses drôles de mœurs ?

Ici tout le monde se plaint : lorsqu’il fait froid tout le monde veut le soleil, et, quand celui ci se montre, tout le monde n’a qu’une phrase à la bouche « oh j’ai chaud! » sans doute pour se faire remarquer par les autres.

Tout le monde est scotché à son objet appelé « téléphone portable » c’est comme ça qu’ils communiquent, quand tu regardes autour de toi, tout le monde a le nez par terre, pourquoi ? Ils regardent en fait leur téléphone. Il ne faudra pas s’en étonner quand ils trébucheront tous.

Il y a une mode, faire pareil que les autres, au niveau vestimentaire, dans le vocabulaire, et encore dans bien d’autres domaines… J’ai mon style bien particulier tu le sais, mais j’ai fait l’expérience d’être différente d’eux… Ils commencent alors à chuchoter et à rire en me regardant ! Est-ce normal ? Sans doute dans leur société…

Autour de moi, tous les gens de ma classe sont dits  « populaires » ce concept est celui d’avoir pleins d’amis, mais attention , ce ne sont pas des amis comme nous les connaissons en Pologne, dans notre vocabulaire on traiterait ça plutôt comme une connaissance. Intéressant.

Voilà j’espère que tout va bien de ton côté, j’attends ta réponse avec hâte.

Maëva.

Bonne mine

Paul a bonne mine, le visage enjoué et un large sourire, le regard clair et admiratif, le corps fin et la démarche sûre et droite. Il parle avec assurance. Il écoute très attentivement ce qu’on lui dit, et il boit les paroles de ses interlocuteurs. Ce n’est pas quelqu’un de grossier, au contraire, il a de très bonne manières. Lorsque l’on lui raconte une nouvelle, il croit l’orateur sur parole et ne perd pas une miette de ce qu’on lui dit. Même si le récit est invraisemblable, il ne songe pas une seconde que c’est un mensonge. Certains en abusent parfois, comme lorsque des personnes peu fréquentables lui demandent des services en lui promettant qu’ils le lui rendront, il s’exécute même si chacun sait que ces gens se moquent de lui. La possibilité qu’ils lui mentent ne lui traverse même pas l’esprit. De prime abord, on pourrait penser qu’il fait preuve d’une extrême bonté mais ce n’est pas le cas. Quant à lui, on n’écoute que très peu ce qu’il raconte car ce sont souvent de fausses histoires que lui pense être vraies. Il faut aussi dire qu’il ne fait pas preuve d’une intelligence hors du commun. Il agit sans réfléchir et, à la fin de l’histoire, il est souvent perdant. Mais il est une chose qu’on ne peut lui reprocher : sa joie de vivre. Il est joyeux, impulsif, audacieux, affable. Il est Naïf.

Sa ka maché

Félix-Nathalie a le teint mat, le visage et le haut de son front rongé par la calvitie, le regard doux et rieur, les épaules droites, l’estomac gonflé par les bières bues entre copains, la démarche lente mais assurée. Il parle très fort : quand il est au téléphone dans la rue, on se sent concerné par la discussion, personne ne veut l’écouter mais tout le monde l’entend. Il boit du rhum, il a l’alcool joyeux ; il boit beaucoup, mais jamais trop. Il aime la musique. En voiture, il ne peut s’empêcher de marquer les rythmes en tapotant sur le volant. Il danse en soirée sur tout type de musiques, il a le rythme dans la peau. Il aime beaucoup les femmes : il sait les charmer mais elles ne lui font pas confiance. D’où il vient, il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Il fait la sieste après chaque repas sur son hamac au frais du vent. Il ne faut pas le brusquer : avec lui c’est doucement le matin et tranquillement l’après-midi. S’il a du retard, et il en a souvent, vous le verrez trouver un excuse tout droit sortie de son imagination mais qui vous force à lui pardonner, il vous fait un grand sourire et se moque de vous sur votre ponctualité : « tranquille doudou! ».

Il est bon-vivant, posé, dragueur, infidèle, lent, confiant, moqueur, sûr de lui : il se croit irréprochable. Il est antillais.

Charles-Edouard

Charles-Edouard se tient droit, le menton relevé, le regard fier et méprisant, les épaules hautes, le ventre serré. Il est habillé d’une chemise blanche et d’une longue veste queue de pie noire descendant jusqu’à ses pieds. Comme un pingouin, il marche droit, jamais de travers et se dandine légèrement. Il parle peu et, quand il ouvre la bouche, c’est soit pour y déposer un gigantesque cigare soit pour parler de lui à la troisième personne. Il pense qu’il est l’œuvre de Dieu. Il n’a jamais tort et les autres, à ses yeux, n’ont jamais raison. Il ne sort qu’en compagnie de sa cour qui le flatte et lui dit : « Monsieur, sans mentir, si votre allure se rapporte à votre coiffure, vous êtes le Phénix des hôtes de ces lieux ». A ces mots, il sourit discrètement, continue sa marche, sans montrer une trace de satisfaction. Lorsqu’il s’assoit, il croise ses jambes, pose ses deux mains sur ces genoux et fume son cigare. Il est hautain, fier, égoïste, se croit le plus fort, ne pense qu’à lui, ne parle que de lui, bref… il est prétentieux.

Beau

Brayane a le teint frais, la mâchoire bien dessinée, des fossettes quand il sourit, des yeux à en faire fondre plus d’une et un sourire éblouissant. Il est grand, mince et légèrement musclé. Il a la démarche assurée, fière et confiante. Il est toujours au meilleur de sa forme. Il prend une heure à se préparer le matin dont la moitié à s’admirer dans le miroir, il aime se faire attendre.  Lorsqu’on lui parle, il est facile de le détourner d’un sujet, il suffit de lui parler de lui. Il possède toujours son miroir de poche sur lui et il ne manque jamais de se contempler dehors. A ses yeux, il est le plus beau. Personne n’égale sa beauté. Il est le jour, les autres la nuit, il est le soleil et les autres ne sont que de petites étoiles invisibles. Il n’a aucun défaut il se qualifierait secrètement d’ »être parfait », enfin il se le murmure chaque matin en s’admirant. Enfin Brayane est rieur, sportif, stupide, envieux sur les bords, il croit être « l’être parfait ». Il est narcissique.