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Maniaque, désagréable, joyeuse et flemmarde

Contrairement à ce que vous pourriez croire, mon double n’est pas en tous points semblable a moi.

Il est dans l’ensemble, beaucoup moins bien que moi.

Moi,  par exemple, j’ai des rondeurs ce qui ne me dérangent pas quand je suis habillée mais elle, quand elle se regarde dans un miroir en sous-vêtements, elle trouvera toujours les kilos en trop. Moi, je suis maniaque, j’aime être toujours propre. Je prends soin de moi. Elle, pourrait passer une journée sans se doucher si elle ne sortait pas de chez elle. Je suis toujours joyeuse, toujours en train de rire mais elle, elle change rapidement d’humeur, elle est un peu du type lunatique quand quelque chose lui déplaît. Moi ? J’essaye de faire plaisir à chaque personne que j’aime mais elle, nan, elle va souvent refuser de rendre des services et peut même paraître désagréable. Moi je suis franche quand il le faut, elle, elle balance tout ce qu’elle pense quand son énervement prend le dessus sur elle. Elle est jalouse de tout et de tout le monde. Quand quelqu’un va se rapprocher trop proche d’une personne qu’elle aime, elle va devenirs agressive. Moi j’aime bien me déplacer, visiter des expositions ou des musées mais elle aura souvent la flemme de se préparer et rate souvent l’occasion d’y aller. Au final elle le regrettera toujours. 

En effet, aussi étonnant que cela puisse paraître, ces personnes qui se complètent,  moi et elle , elle et moi, nous cohabitons ensemble.

Pas crier

21 mai 1997, ma mère, accompagnée de ma grand mère, se présente devant la maternité. A la fin de l’accouchement, la sage femme après avoir observé ma mère, déclare sur ce ton de moquerie que ma mère n’a pas oublié : encore un enfant sans son père.

Ma grand mère la remercie comme si elle la félicitait, mais moi, me dit ma mère, cette phrase me rend folle, je la réceptionne comme une offense, comme un ingiuria. Alors quand se trouve dans la rue je me mets à gridare (moi: à crier), à crier. Encore un enfant sans père, tu comprends ce que ça veut dire ? Plus doucement per l’amore di Dio, implore Ma mère qui est une femme très éclipsée. Ça veut dire, je bouillais ma chérie je bouillais, ça veut dire que je serais une mère indigne, bien bête. Ça veut dire que tous les commentaires sur toi ma fille, je les accepterai. Ça veut dire que je présenterai toutes les garanties d’une perfecte idiote. Ça veut dire que chaque fois qu’on me dira que mon enfant n’aura pas de père et qu’en plus il faudra lui dire grazie mille avec cet air de femme abandonnée qui me va si bien. Signore Gesù, murmure ma mère la mirade alarmée, plus bas on va t’ouïr. Et moi grida encore plus fort: je m’en fou qu’on m’ouit, je veux pas être la pute de la ville, j’aime mieux faire la bonniche et nettoyer du caca ! Per l’amore dal cielo, me supplique ma mère, ne dit pas ces bêtises. Elle ne m’a même pas proposée à boire, je lui dis révoltée, ni même félicitée, je me ricorde (moi: je me rappelle), je me rappelle brusquement que je souffre d’une bruciatura au pied, brûlure si tu veux, mais ne me rectifie pas chaque mot sinon j’y arriverai jamais.

Alors ma mère pour me pacifier me rappelle à voix susurrée les bénéfices considérables qui m’espèrent si je suis le seul parent de ma fille : je serai la femme la plus heureuse, qu’aucun homme ne pourra me séparer d’elle, que cette enfant me donnera tout son amour et que mon enfant ne sera traumatisé devant aucune scène de ménage. Un an plus tard j’ai croisé cette sage femme avec un enfant qui parlait au téléphone, de pension alimentaire, je l’ai stoppé pour lui dire avec un ton moqueur « encore un enfant sans son père ». Cette femme, ma chérie, est tombée a pic nommé.

 

Olwah elehna

Je vais vous raconter un vieille histoire assez drôle qui mélange arabe et français.

Un jour, ma mère est partie se balader avec sa grand mère et mon frère au centre commercial. Ma mère a ensuite demandé à sa grand mère de garder mon frère le temps qu’elle aille chercher quelques courses. Mon frère s’est ensuite sauvé de sa poussette et la grand mère de ma mère a commencé à paniquer et à crier :

-OHLWAH ELLEHNA ( viens ici ) OLWAH ELEHNA ( viens ici ). ( ma mère s’est mise à rire rire y repensant.)

Le temps que ma mère finisse ses courses, le vigile a rattrapé mon frère et l’a rendu à mon arrière grand mère.

Mon arrière grand mère était tellement dépassée qu’elle a dit à ma mère :

-El djen heda (c’est un petit diable lui) mensidch norhloj mhah ( je ne sortirai plus avec lui) .

Mon arrière grand mère avait tellement eu peur qu’elle en avait pleuré . 

En y repensant maintenant nous en rions bien que mon arrière grand mère soit récemment décédée .

Bourquoi

Un jour, je suis venu voir ma grand-mère à sa maison de retraite, nous avons parlé pendant une petite demi-heure quand tout à coup elle a commencé à me parler de son enfance et du jour où elle a dû quitter sa maison à cause de la guerre.

 » C’était en 1956, j’avais 18 ans et  j’étais dans ma chambre en train de faire mes devoirs, je savais déjà que les villages d’à côté avaient été pris d’assaut, mais comme me l’avait dit mon père, je pensais que l’armée « anvi-commiuniste », anti-communiste mamie, allait bloquer les attaques. Une femme de ménage est arrivée en courant pour me prévenir de faire une valise avec pas beaucoup d’affaires dedans, je lui ai demandé « bourquoi » nous étions si pressés, et elle m’a répondu que mon père me répondrait sur le voyage. J’ai donc fait ma valise et j’ai descendu les grands escaliers du palais le plus vite possible pour me rendre dans la voiture qui se dirigeait à vue d’œil vers la côte. Sur le chemin, j’ai appris que nous partions en bateau le plus loin du Viêt-Nam pour éviter la guerre, je me suis d’abord énervée, puis j’ai compris que nos vies valaient mieux que nos vies au palais. Après des jours, et des semaines de route, nous sommes enfin arrivés en Guadeloupe, un pays que moi et mes sœurs ne connaissions pas. Ce voyage aura été long, ennuyeux avec beaucoup de cris, de pleurs, et d’incompréhension. »

 

Karma

C’était un jour de pluie, j’étais dans ma voiture avec ma mère et ma sœur, nous allions acheter des habits.

Ma sœur comme à son habitude chantait et donc ma mère criait :

– Ferme ta bouche, Lois. Ferme-la.

Ma sœur répliquait en chantant encore plus fort. Moi, j’étais dans un coin de la voiture en train de rire comme un débile et ma mère criait dessus :

-Kyky, tais-toi, sinon ça va mal se finir.

Ma sœur criait de  plus en plus fort, cela m’énervait, je bouillonnais intérieurement, je n’en pouvais plus de cette voix agaçante qui criait sans arrêter dans mes oreilles alors je pris le parole et je lui dis :

– Ta gueule, j’en peux plus !

– Bien dit répondit ma mère.

Ma sœur se tut donc. Une fraction de seconde après cela, ma mère  heurta de plein fouet la voiture de devant et cria :

– Vaffanculo.

Ma sœur dit à son tour :

– Oh shit!

Et moi je murmurai doucement :

– Le karma, c’est lui, il nous a eus.

Nous étions tous sous le choc. Ma mère ne bougeait plus, elle était figée comme si le temps s’était arrêté et d’un seul coup elle se retourna brusquement vers moi et ma sœur et dit :

-Quand papa va apprendre ça, vous allez devoir courir vite.

J’étais déjà frustré avant qu’il ne me coure après. Ma sœur dit alors :

-Kyo, qu’est-ce qui t’a pris de crier comme ça ? Tu deviens fou !

Je lui mis alors une gifle et cela partit en live. Les coups fusaient de partout, ma mère s’interposa et nous mit une baffe à chacun.

 

Anothi adipia !

Comme tous les soirs, je regardais la télé jusqu’au moment où mon frère a débarqué de nulle part et a pris la télécommande. Et, bien sûr comme une cloche, je lui ai dit :

– Tu joues à quoi ? T’as cru que la vie elle était gaufrette ou quoi ?

En me regardant de travers, il m’a à son tour demandé:

– Tu viens de parler à qui, là?

Et avec détermination, je l’ai regardé dans le blanc des yeux en lui ordonnant:

-Rends-moi la télécommande!

Et tout à coup, j’ai senti son énorme poids qui a fait trembler mes os et cet abruti s’obstinait de me répéter :

– Redis ce que tu viens de dire là !

J’essayais de me débattre coûte que coûte :

-Lâche-moi, nâye (espèce de chien), tu me fais mal avec ton gros corps là, va à la salle de sport au lieu de m’emmerder.

Et avec son regard qui tue, il m’a reprise tout de suite :

– T’as dit quoi ?  Tu me cherches là ? Pour la peine, je vais rester comme ça, tu vas souffrir ma p’tite!

Et comme d’habitude, j’ai eu l’idée de sortir mes grands talents d’actrice :

-Mà! Mà Dinak adikaran! (il me tape)

Bien sûr, ma mère a débarqué tel un chien enragé en lui donnant un avertissement :

-Dinak vedu! ( lâche-la)

Bien évidemment, mon frère ne lui prêtait pas attention. Alors ma mère est passée à l’action en allant chercher un petit ustensile dans la cuisine :

-Vedra ( lache-là tout de suite)

Il s’est levé d’un coup sec et bien évidemment, pour s’enfuir, il a dû de toute évidence marcher sur mes omoplates qui se sont brisés en un claquement de doigt.

Pendant qu’ils faisaient un marathon dans la maison, ma mère, accompagnée de sa cuillère, ne cesser de lui répéter :

– Anothi adipia (tu tapes pas ta sœur) !

Et de l’autre côté, mon frère qui était à court de respiration insistait en lui répétant :

– Mà ava nadikira (elle simule) !

Durant cette scène qui se répétait en boucle, je me suis dit que si je n’avais pas de frère, je n’aurais pas d’histoire. Malgré nos disputes, il restera la personne sur laquelle je pourrai compter, tout au long de ma vie.

Pétillante et morose

Contrairement à ce que vous pourriez croire, mon double n’est pas en tout point semblable à moi. Elle est dans l’ensemble, beaucoup moins bien que moi.

Moi, par exemple, j’ai les yeux marron et une longue chevelure brune, épaisse et brillante. J’ai le teint hâlé, le grain de peau lisse, un visage gracieux.  Elle a  les yeux creusés, cernés, le teint blafard, sans éclat, les traits épais et peu harmonieux. Je suis grande, élancée, apprêtée, les mains soignées, manucurées. elle  est petite , recroquevillée et négligée.

J’ai le regard pétillant, profond, intense, rieur, malicieux qui laisse imaginer ma joie de vivre. Elle  a un regard moqueur, narquois ou peut-être simplement triste, morose, avide, méfiant et troublant comme un enfant perdu.

J’ai une démarche gracieuse, assurée tandis qu’elle  a une allure hésitante, des gestes maladroits. Elle est discrète, timide, effacée, presque  soucieuse, nonchalante. Je suis confiante, souriante, sympathique, audacieuse, intrépide, malicieuse, indépendante, rebelle et rêveuse.

 

 

 

 

Charmante indifférente

Contrairement à ce que vous pourriez croire , mon double n’est pas en tous points semblable à moi.

Elle est dans l’ensemble, beaucoup moins bien que moi.

Moi, par exemple je suis de taille moyenne, charmante ; elle, elle est petite et grincheuse, ce qui ferait fuir tout un village. Une des choses impossibles à accepter pour elle, c’est que je suis de nature généreuse, j’aime faire plaisir aux autres. Elle, elle n’en laisse  pas une seule miette pour son cher frère. Moi, je suis courageuse et attentionnée alors que elle, elle est indifférente avec les autres et dès qu’elle voit une punaise elle saute en l’air. Elle n’est ni très adroite ni très soignée contrairement  à moi qui suis plus habile et minutieuse. Elle, elle est plutôt instable, elle a besoin qu’on s’occupe d’elle, à la différence de moi qui ai les gestes sûrs, et qui suis autonome. De plus, moi j’ai des rêves plein la tête concernant mon avenir. Elle, elle est insouciante et connaît à peine de la vie.

Après tout elle n’a que cinq ans.

Comme elle est jalouse de moi, elle veut toujours jouer au chat et à la souris. Moi, de mon côté, comme je suis plus belle et plus mature qu’elle, je lui réponds avec dignité. Alors elle se vexe, et se fâche, nous n’en finissons pas.

Pacifisme et blagues pourries

Contrairement à ce que vous pourriez croire, mon double n’est pas en tous points semblable à moi.                                                                                 Il est dans l’ensemble beaucoup moins bien que moi.

Moi, par exemple, je me trouve grand, la peau assez bronzée du retour des vacances, l’humeur de réussir à peu près tout ce que je fais. Lui se pense petit par rapport aux autres, il n’est pas très joyeux et stresse tout le temps pour tous les longs devoirs qu’il n’a même pas entamés. Moi, j’aime bien aider les autres, je suis généreux, patient, souriant. Lui préfère dire aux autres de se débrouiller et part l’expression du visage neutre. Moi je suis pacifique et je préfère régler les problèmes en discutant calmement, sans m’énerver. Lui n’a pas le temps pour prendre le thé et crie à chaque fois que quelqu’un lui fait perdre patience, ce qui peut arriver très vite.

          En effet, aussi surprenant que cela puisse paraître, ces deux êtres, moi et lui, ou lui et moi, vivent en colocation dans ce corps, sans jamais trop savoir quoi en faire. Je le représenterais, lui, comme une sorte de petit gamin, qui embête toujours tout le monde avec ses blagues pourries. Moi plutôt comme quelqu’un d’assez sérieux, mais qui se laisse toujours avoir par lui qui fait n’importe quoi.

Souvent, ils ne se décident jamais, se chamaillent, et continuent comme ça jusqu’à n’en plus pouvoir.

Aimable et jaloux

Contrairement à ce que vous pourriez croire, mon double n’est pas en tous points semblable à moi.

Il est dans l’ensemble, beaucoup moins bien que moi .

Moi, par exemple  je suis généreux, mais lui fait tout pour prendre le dernier yaourt du frigo. Lui est narcissique alors que moi je suis toujours là pour complimenter les autres. Moi, je suis courageux mais lui a très peur du grand bleu. Je suis très sociable mais lui peut rester seul pendant une soirée sans rien faire. Moi je suis compétiteur mais lui ne se donne jamais à fond pour de vraies compétitions. Moi je suis aimable, ouvert mais lui est jaloux et fermé. Moi je fais toujours rire les autres mais lui est très vite ennuyeux. Lui est très nerveux, il peut s’agacer pour tout et pour rien mais moi je sais rester très calme.

En effet ces deux êtres – moi et lui, lui et moi – sont très différents. Moi je suis exemplaire alors que lui est imparfait. Dès qu’il me regarde, il le fait d’un air envieux. Il est toujours là pour me rabaisser ou me donner des leçons, alors je lui dis que je suis mieux que lui, nous nous battons et cela ne finit pas.