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Lente et endormie

Elle a la peau claire, le visage fatigué et les cernes gonflés, l’oeil vide qui tremble, le dos arrondi, la démarche lente et endormie. Elle sort toujours après la station de métro où elle devait sortir. Elle part de chez elle à 8h19 sachant qu’elle habite à 15 min de l’école et que les cours commence à 8h25. Elle arrive toujours le soir à ses rendez-vous  qui sont prévus dans la journée. Elle parle, puit s’endort directement comme un paresseux. Elle n’a jamais pris l’avion, vous avez compris pourquoi !

Elle est fatiguée, courbée, paresseuse, mystérieuse, rêveuse ; elle ne veut jamais rien planifier. C’est une retardataire.

En question

Ivy a le teint halé, le regard profond et intuitif, le pas assuré à l’allure décidée. Elle est sûre d’elle, elle ne laisse jamais transparaître aucune émotion, aucun sentiment. Elle a les cheveux épais et fournis. Elle ne se remet jamais en question. Elle semble ne jamais commettre d’erreurs. Elle ne doute jamais, ne se méfie pas des autres. Elle est à l’affût des faits et des gestes des autres. Elle pense qu’elle n’a plus rien à apprendre, qu’elle sait déjà tout. Elle part gagnante d’avance. Elle est confiante, déterminée, téméraire. Elle se croit plus forte que les autres. Elle montre aux autres qu’elle maîtrise ce qu’elle fait. Elle est crédible et dérange par son assurance. Elle est imbue de sa personne, prétentieuse, arrogante et ne doute pas un instant de son aspect. Elle est frôleuse, charmeuse, cassante, désarmante, touchante et ardente.
Elle a confiance en elle.

Célèbre à tout prix

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 Jane a le teint pâle, les traits du visage tirés, ses grands yeux creusés trahissent la fatigue des dernières semaines. Elle n’a que la peau sur les os, ses mains délicates telle de la porcelaine semblent pouvoir se briser à tout instant et pourtant ses doigts, d’une maigreur squelettique, s’agitent frénétiquement sur l’écran de son téléphone. Aspirée par la lueur blafarde de son écran, Jane se noie dans cette petite fenêtre ouverte sur ce monde virtuel, superficiel.

Toute la journée elle scrute sur internet si d’autres sont « plus belles » qu’elle, telle la reine des contes de Grimm, regardant ce téléphone comme si sa vie en dépendait et les messages persistants de son agent lui rappelant de faire attention, à sa ligne, à ses fréquentations, à ses vêtements, en attendant son prochain contrat avec une de ces grandes maisons de couture, qui ne veulent que des présentoirs à leurs dernières créations – luxe superficiel et inhumain mais faisant rêver toutes les femmes de la planète jusqu’à la folie.

Jane est heureuse d’être ce que toute femme souhaiterait d’être : une mannequin.

Dormir

Pierre a le teint blafard, le visage sec, il a de grandes cernes, le regard fuyant, de petites épaules, le dos courbé, les bras pendants .Il est boutonneux et il porte d’imposantes lunettes. Il est timide , jamais à l’écoute, il ne mange rien, il ne se douche que parfois, il ne dort jamais et reste toutes ces soirées dans sa chambre collé à son écran d’ordinateur. En classe, il lâche de grands bâillements et dort.Il dort  le jour et vit la nuit. Personne ne l’écoute, tout le monde se moque de lui. S’il dort ,vous l’entendez ronfler sur sa table, les bras croisés, les yeux fermés, sa capuche sur la tête et son sac vide en guise de coussin. Il est seul, dormeur, stressé, agressif, il est dans son monde et jamais content sauf quand il est devant un écran.

C’est un geek !

Creusée

Elle a le teint blême, les joues creusées, l’oeil vitreux entouré de larges cernes bleutés. Elle a la démarche mal assurée, le dos courbé, les épaule rentrées et les bras meurtris. Elle entend, elle écoute mais n’intervient jamais auprès de cette société qui l’oppresse. Elle ne dort pas. La nuit, elle s’enferme dans une pièce sombre pour n’en ressortir qu’au petit matin. Elle pleure, seule tout la nuit, elle pleure les jour passés et les jour à venir. Lorsque vient le moment d’aller en cours, elle se prépare. Elle cache ses yeux rougis par les larmes de la nuit de sa longue frange et applique une large couche de fond de teint pour effacer la pâleur de sa peau. Devant le miroir, elle s’entraîne à montrer son plus beau sourire, le sourire qui lui sert d’armure – celui qui répond au questionnement d’autrui. Elle est calme, timide, réservée, nerveuse, tourmentée et morose, seule d’après elle ; elle souffre de la solitude dans laquelle elle s’est enfermée. Elle est dépressive.

Lumineuse

Océane a le teint lumineux, la tête haute et les joues rebondies, le regard vif et perçant, les épaules en avant et la démarche digne au geste élégant. Elle ne cesse de vanter ses charmes, elle est amoureuse de son apparence. Elle n’aime pas l’art, elle s’aime elle dans l’art. Elle considère les autres comme des objets de sentiments. Elle se vante de ses succès et exploits, elle manque de modestie. Elle a toujours un sentiment de supériorité et veut tout contrôler. Elle aime la compétition et recherche la performance. Elle est persuadée d’être une personne spéciale, exceptionnelle ou unique. Elle tient le milieu en se promenant avec ses amies ; elle flatte les passagers, et l’on flatte ; elle critique, et l’on critique: tous se règlent sur elle. Elle marche sur un mouchoir d’un homme sans le vouloir, celui-ci tente de le récupérer mais Océane croit recevoir des avances. Elle passe la plupart des ses journées devant son miroir à contempler son visage. Elle est présomptueuse, grande blagueuse,orgueilleuse et arrogante. Elle se croit parfaite et supérieure aux autres. Elle est narcissique.

Hashtag

Le 9 février 2019, Paris

Pour Valentina

Chère amie,

Comme tu le sais, je vis toujours à Paris. Est-ce un point positif? Je ne sais pas, vu comment les habitants sont H24 scotchés sur ces nouvelles technologies. A vrai dire, je ne sais plus quoi penser, excepté qu’ils m’inquiètent de plus en plus. J’ai même parfois l’impression de vivre avec des extraterrestres. Toi qui hésitais de rejoindre la team parisienne, je t’en conjure, reste dans ta petite campagne où tu as l’opportunité d’écouter à chaque lever du soleil le cri des coqs.

Ne proteste pas, Valentina, c’est un fait avéré et j’en ai d’ailleurs plusieurs démonstrations : sous mes yeux, les journaux qui proposent de nouvelles technologies, coûtant la peau des fesses sans être vulgaire.

Prenons l’exemple des téléphones portables : un homme va acheter le dernier iPhone XX qui coûtera sans doute le triple de son salaire et passera ses journées entières sur cet engin sans savoir ce qui se passe autour de lui. Et tellement il sera obnubilé par cette machine, il en oubliera la vraie communication.

De plus avec les réseaux sociaux, c’est devenu pire. Tu ne peux plus faire un pas de travers sans qu’on te prenne en photo pour y inscrire des hashtags comme #looser #MDR #LOL.

Ridicule, ne trouves-tu pas? Je ne saurais te dire quelle est l’utilité de prendre des photos pour les poster sur Instagram ou je ne sais quelles autres applications. Peut-être se croient-ils supérieurs aux autres ? Enfin bref….

J’espère que les hommes ne vont pas se transformer en moutons : un qui saute, le troupeau suit.

En attendant avec impatience de tes nouvelles,

Ta meilleure amie

Clones

Cher Yumi,

Je ne vois plus que des clones, ils sont tous pareils : même habits, même expressions. Ils se copient tellement qu’ils ont maintenant la même façon de penser : ils ne pensent qu’à eux, eux et leur égo surdimensionné aussi. J’ai pu observer cela depuis l’école élémentaire. Ici, à Paris, tout le monde joue un rôle, celui d’être le plus « normal » possible. Et si tu es différent, alors tu attises la curiosité et la haine de ces gens. Alors si tu es différent, il faut te cacher ou fuir. Oublier ses rêves pour se conformer à cette société c’est la seule chose à faire. Si tu veux pouvoir être toi-même il faut devenir célèbre et là tu imposeras ton choix. Mais sache que lorsque tu auras montré qui tu es, soit on te jugera soit on te copiera. Ce phénomène aussi stupide et éphémère que le buzz de Cyril Hannouna est appelé « la mode ». Ce processus rempli de codes aussi complexes qu’inutiles permet de cloner n’importe qui, tant que peut  fonctionner cette société de consommation qui vend à des prix frôlant le P.I.B des pays les plus pauvres des vêtements ou objets qui ne servent qu’à montrer à quel point on est fortuné. Et les gens le font car ils cèdent à la pression du groupe : même s’ils doivent faire du mal, ils suivront toujours ce groupe quitte à douter de leurs actions passées toute leur vie durant. Ces groupes s’attaquent constamment à des minorités : pauvres, obèses, étrangers… Pour qui ces pantins se prennent-ils? Pour ce qu’il ne sont pas, des rois. Mais que sont-ils au fond? Des monstres ? Non, simplement des produits de leurs environnement, qui ne savent plus aimer.

Ils se conforment à des copies conformes qui ne pensent qu’à leur confort.

De clone n°9856 a Yumi

Poils de tête

De Paris, 12 ème, le 10 février 2019

Pour Syraxu

Salut cousin ! J’espère que toi et le district allez bien, je suis enfin arrivé sur le vaisseau A5689BHXY9MP6 ou plus communément appelé  »Terre ». J’ai atterri dans un district ou ville qu’ils appellent « Paris » et là-bas la race humaine porte beaucoup d’intérêt à ses poils de tête ou « coiffure ».

Souvent les femelles ont des cheveux plus longs que les mâles, elles mettent beaucoup de temps à se les coiffer, brosser, chauffer et attacher, ce qui parfois donne des résultats très étranges. Elles ont aussi des « Baby hair » qu’elles coiffent de façon étrange, de manière très différente mais toujours dans la même optique.

Les mâles eux ont ce qu’ils appellent des contours, ils coupent tout simplement leurs cheveux de manière droite tout autour de leur tête. Si un de leur camarades n’a pas fait ses contours, il se fait souvent charrier sans aucune raison, alors que tous ceux qui ont des cheveux bouclés ou autre sont hors de portée de ce genre de moqueries.

Tout ça pour te résumer que je préfère les femelles et les mâles de notre planète avec nos beaux crânes luisant après le ponceur.

Yvproga

Poilu et mal coiffé

                                                                                         De Paris, le 17  mai 2018.

Alors tu voulais que je te parle de la mode des coiffures chez les jeunes Français, c’est vraiment étonnant. Ils réfléchissent tous les jours à la coiffure qu’ils vont faire la semaine prochaine, ils en oublient même leur dernière leçon d’histoire. Mais, surtout, on ne saurait croire combien tout cela coûte aux parents de mettre leurs enfants à la mode, ça change vraiment des voiles.

Que sert d’avoir des chignons énormes et des énormes vagues de cheveux plaqués au gel sur le front, d’avoir une coiffure et une barbe taillées parfaitement droites à la  lame dont aucun cheveu ne dépasse ? 

Un jeune qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi poilu et mal coiffé qu’un soldat revenant de la guerre. Quelquefois, les coiffures montent insensiblement, c’est la mode des années 1717 qui revient -avec la hauteur immense des parures, qui mettait le visage d’une femme au milieu d’elle-même. J’ai souvent vu des garçons mettre une casquette parce que quelques cheveux ont poussé sur leur tête et ont abîmé leur sublime contour.

Moi, personnellement, je me suis sentie comme une extraterrestre, avec ma coiffure « de l’antiquité », comme dirait ma colocataire. Les jeunes changent de coiffures selon le degré de popularité. Les plus populaires doivent avoir les coiffures les plus belles, les plus originales et sans aucun défaut, les moins populaires inspirent les plus jeunes et les plus « ringards ». Les populaires sont des moules qui donnent la forme à tous les autres, mais s’il savaient qu’ils ont deux années de retard sur les Américains… Ils ont les mêmes coiffures que les New Yorkais il ya deux ans durant notre voyage scolaire.

Amelia à Milla, à Dubaï