All posts by yaren.clotaire

Poils de tête

De Paris, 12 ème, le 10 février 2019

Pour Syraxu

Salut cousin ! J’espère que toi et le district allez bien, je suis enfin arrivé sur le vaisseau A5689BHXY9MP6 ou plus communément appelé  »Terre ». J’ai atterri dans un district ou ville qu’ils appellent « Paris » et là-bas la race humaine porte beaucoup d’intérêt à ses poils de tête ou « coiffure ».

Souvent les femelles ont des cheveux plus longs que les mâles, elles mettent beaucoup de temps à se les coiffer, brosser, chauffer et attacher, ce qui parfois donne des résultats très étranges. Elles ont aussi des « Baby hair » qu’elles coiffent de façon étrange, de manière très différente mais toujours dans la même optique.

Les mâles eux ont ce qu’ils appellent des contours, ils coupent tout simplement leurs cheveux de manière droite tout autour de leur tête. Si un de leur camarades n’a pas fait ses contours, il se fait souvent charrier sans aucune raison, alors que tous ceux qui ont des cheveux bouclés ou autre sont hors de portée de ce genre de moqueries.

Tout ça pour te résumer que je préfère les femelles et les mâles de notre planète avec nos beaux crânes luisant après le ponceur.

Yvproga

Bourquoi

Un jour, je suis venu voir ma grand-mère à sa maison de retraite, nous avons parlé pendant une petite demi-heure quand tout à coup elle a commencé à me parler de son enfance et du jour où elle a dû quitter sa maison à cause de la guerre.

 » C’était en 1956, j’avais 18 ans et  j’étais dans ma chambre en train de faire mes devoirs, je savais déjà que les villages d’à côté avaient été pris d’assaut, mais comme me l’avait dit mon père, je pensais que l’armée « anvi-commiuniste », anti-communiste mamie, allait bloquer les attaques. Une femme de ménage est arrivée en courant pour me prévenir de faire une valise avec pas beaucoup d’affaires dedans, je lui ai demandé « bourquoi » nous étions si pressés, et elle m’a répondu que mon père me répondrait sur le voyage. J’ai donc fait ma valise et j’ai descendu les grands escaliers du palais le plus vite possible pour me rendre dans la voiture qui se dirigeait à vue d’œil vers la côte. Sur le chemin, j’ai appris que nous partions en bateau le plus loin du Viêt-Nam pour éviter la guerre, je me suis d’abord énervée, puis j’ai compris que nos vies valaient mieux que nos vies au palais. Après des jours, et des semaines de route, nous sommes enfin arrivés en Guadeloupe, un pays que moi et mes sœurs ne connaissions pas. Ce voyage aura été long, ennuyeux avec beaucoup de cris, de pleurs, et d’incompréhension. »

 

Pacifisme et blagues pourries

Contrairement à ce que vous pourriez croire, mon double n’est pas en tous points semblable à moi.                                                                                 Il est dans l’ensemble beaucoup moins bien que moi.

Moi, par exemple, je me trouve grand, la peau assez bronzée du retour des vacances, l’humeur de réussir à peu près tout ce que je fais. Lui se pense petit par rapport aux autres, il n’est pas très joyeux et stresse tout le temps pour tous les longs devoirs qu’il n’a même pas entamés. Moi, j’aime bien aider les autres, je suis généreux, patient, souriant. Lui préfère dire aux autres de se débrouiller et part l’expression du visage neutre. Moi je suis pacifique et je préfère régler les problèmes en discutant calmement, sans m’énerver. Lui n’a pas le temps pour prendre le thé et crie à chaque fois que quelqu’un lui fait perdre patience, ce qui peut arriver très vite.

          En effet, aussi surprenant que cela puisse paraître, ces deux êtres, moi et lui, ou lui et moi, vivent en colocation dans ce corps, sans jamais trop savoir quoi en faire. Je le représenterais, lui, comme une sorte de petit gamin, qui embête toujours tout le monde avec ses blagues pourries. Moi plutôt comme quelqu’un d’assez sérieux, mais qui se laisse toujours avoir par lui qui fait n’importe quoi.

Souvent, ils ne se décident jamais, se chamaillent, et continuent comme ça jusqu’à n’en plus pouvoir.