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Elle

Lola se lève le matin, va dans sa salle de bain, elle se regarde, s’admire de la tête aux pieds. Elle se coiffe, s’habille, touche chaque  parcelle de son visage : elle se trouve sublime, charmante, elle trouve sa peau extraordinairement pure de blancheur, d’une couleur laiteuse et douce comme un nuage. Elle se recoiffe alors et rajoute à ses cheveux blonds et lumineux tel le soleil, dit-elle, des barrettes par-là, et des nœuds ici.  Ses yeux bleu océan, comme elle le dit si bien, charment tous les hommes. Elle trouve son corps magnifique, sans imperfection, ni aucune faille.

Dans la rue, Lola avance la tête haute d’une démarche ferme et délibéré. Elle se contemple à chaque coin de rue, même dans les rétroviseurs des voitures. Il lui arrive parfois d’entrer  dans les boutiques pour s’admirer dans leur miroir.

Lola adore parler d’elle mais encore plus se vanter sur son physique ou sur ce qu’elle possède.  Il peut même lui arriver de temps à autre de mentir ou d’exagérer la vérité pour se faire passer pour une meilleure personne aux yeux des autres.

Dans la vie de Lola les autres n’ont aucune  d’importance il n’y a qu’elle qui compte. Elle ne pense qu’à elle, ne voit qu’elle et n’entend qu’elle.  Elle se croit supérieure aux autres. Quand l’entourage de Lola lui fait une réflexion, elle n’en tient absolument pas compte car pour elle il n’y a qu’elle qui ait raison, tout ce qu’elle fait est parfaitement bien.

Vous l’avez compris, Lola est arcissique.

Fourmis

le 3 février 2019, Paris,

Cher Andrea ,

Cela fait maintenant trois semaines que je suis à Paris. Ici, tout est différent de notre vie au Pérou, à commencer par les gens. Les personnes d’ici sont tout le temps en mouvement, elles marchent, courent, bougent et n’ont aucune patience. Elles sont comme des fourmis car ces gens sont aussi agités que ces petits insectes, mais ils sont sûrement plus stupides.
Les Parisiens  n’ont aucun respect envers la nature. Te souviens-tu des histoires que nous racontait grand-père, celles où il parlait de grandes forêts et lacs qui peuplent les paysages d’Europe ? Le paysage a  bien changé car, ici, les rares arbres que j’ai vus sont  petits et ils me paraissent comme des intrus dans un bloc de béton. Les Parisiens en sont aussi arrivés au point de jeter tout un tas de choses par terre comme s’il n’y avait pas de poubelles, alors qu’il y en a à tous les coins de rue.
Tu serais fou de rage si tu voyais comment ces Européens jettent leur argent par les fenêtres. Il est normal, pour eux, de laisser une lumière allumée dans une pièce vide, de chauffer les maisons alors que les fenêtres restent ouvertes… Quand on pense que chez nous, beaucoup de gens n’ont pas l’électricité ni le gaz… pourtant, j’ai l’impression que nous sommes beaucoup plus heureux.
Il ne faut pas leur jeter la pierre, car ces étrangers commencent à faire des efforts. Ils installent de plus en plus d’éoliennes qui servent à produire de l’électricité. Ils commencent enfin à se soucier de ça !
Mieux vaut tard que jamais, mais c’est quand même dommage que ces pays d’Europe comprennent un peu tard que les énergies fournies par la terre  s’épuisent très vite et que ce sont les pays pauvres qui vont en pâtir les premiers.
J’attends de tes nouvelles et j’espère que tout va bien au pays.

Stella

Babbu

Cela fait trois semaines que je suis en vacances chez mon grand père, à Valle di Mezzana en Corse, avec mes parents et mon frère. Ce soir-là, je suis avec mon babbu* car mon frère a un rendez vous avec mes parents.

J’entre dans la cuisine pendant que mon babbu est en train de manger. Je lui demande ce que nous allons regarder ce soir à la télé. Il me dit :

– Ce soir on regarde match de foot  ACA* contre  Bastia.

Je lui réponds :

– Oh non pas du foot, ce soir il y a ma série qui passe à la télé.

– Aspetta*! C’est quoi encore cette série ?

– C’est une série pour adolescent au USA,  mais c’est trop bien !

– Facciu*, je vais pas regarder une série pour ado quand même.  Les séries c’est vraiment goffu*.

– Mais allez, babbu, s’il te plaît !

– Oh basta maintenant! On regarde le match, c’est tout, si t’es pas contente, va dans ta chambre.

– Pouf! Mais on regarde tout le temps du foot .

Alors pour faire plaisir à babbu je vais regarder le match avec lui.

*Babbu: papi                                                                                                                             *ACA: equipe de foot d’Ajaccio                                                                                     *Aspetta: attends                                                                                                                  *facciu: fou,folle                                                                                                                      *Goffu : nul, moche

Enthousiaste et Negative

Contrairement à ce que vous pourriez croire mon double n’est pas en tout point semblable à moi.

Elle est, dans l’ensemble, beaucoup moins bien que moi..

Par exemple, moi je suis de taille moyenne, fine et belle. Elle, elle est toute petite, ronde et laide. Moi j’ai des beaux cheveux blonds, lisses et lumineux qui subliment mon visage, et elle, elle a les cheveux secs et ternes qui la rendent encore plus laide que ce qu’elle est  vraiment.  Moi j’ai un beau regard ; elle, elle a un regard horrible avec un strabisme.

Moi je suis gentille avec les autres, courageuse et enthousiaste ;  en revanche, elle, elle est méchante, stressée, négative. Moi je suis drôle et enjouée, elle, elle est en permanence déprimante. Et  moi je suis sportive et persévérante, elle, elle est flemmarde à souhait. Moi je sais m’exprimer correctement tandis qu’elle s’exprime grossièrement. Elle est tellement jalouse de ma confiance en moi qu’elle apparaît pour me faire douter.

En effet aussi surprenant que cela puisse paraître, ces deux êtres moi et elle, elle et moi cohabitons ensemble.

Comme elle est jalouse de moi, elle cherche toujours à me dévaloriser et à me dire mes défauts. Cela est totalement normale car je suis plus jeune, plus courageuse et plus belle qu’elle. Alors nous nous disputons sans cesse, cela n’en finit jamais.