Poussée d’Archimède

De Charenton-Le-Pont le 05 février 2019

Pour Charlotte,

Voilà quelques jours que je suis arrivé aux pays des fous furieux, les Parisiens !
Je n’ai jamais vu autant de gens pressés ni aussi stressés.

On dit que leur vie se résume à « métro, boulot, dodo » et maintenant je comprends pourquoi. A peine sortis de chez eux, les voilà déjà engouffrés dans une course contre la montre : le matin, c’est la bagarre pour monter dans une rame de métro. Les plus calmes restent à quai et attendent le suivant, mais ils sont rares ;  les plus agités se précipitent à peine les portes ouvertes sans laisser les passagers voulant descendre… descendre. Une sorte de poussée d’Archimède version des temps modernes. Ils se bousculent, se disputent voire s’insultent pour les plus impolis !

Arrivés à destination, ils remontent à la surface, et là, c’est à nouveau du « speed » comme ils disent. Je les regarde marcher à toute vitesse, certains courent même de peur d’arriver en retard, ou tout simplement, pour suivre le rythme de leur lièvre. Je ne comprends pas leurs codes et pour être honnête, je me demande même si ils en ont : du savoir vivre, du savoir être.
Je suis certaine que ce sont ces mêmes gens qui vont prêcher la bonne parole et donner des conseils en communication à leurs collègues ou se plaindre de l’absence de communication dans leur entreprise.

Ce quartier d’affaires qu’est La Défense avec ses hauts buildings en est la caricature même. Une véritable fourmilière humaine : les gens se croisent mais ne se regardent pas, ne se parlent pas. Pas même un bonjour, un bon après-midi ou un bonsoir. Ils font leur journée de travail et repartent dans leur souterrain. Et rebelote. A nouveau, ils regardent leurs chaussures ou ils ont le regard fixé sur leur téléphone avec une seule hâte : celle de rentrer chez eux et s’enfermer, exténués de leur journée, aussi stressante qu’ennuyeuse à mourir.

Crois-tu qu’ils soient heureux ? Je ne le pense pas. Ils ont tout à portée de main ; les sorties culturelles, les balades parisiennes, la musique, l’opéra, le théâtre, mais ils ne voient rien de tout cela. Rien qui pourrait leur aérer l’esprit ! C’est vrai qu’ils manquent d’espaces verts, emmitouflés dans leur béton quand ce n’est pas dans les souterrains.

Je te le dis : j’avais hâte de venir à la Capitale, mais, maintenant que j’y suis, ma seule envie est de revenir, et vite, au village. Notre village calme et serein où il fait bon vivre, au milieu des nos animaux et dans nos forêts aux couleurs somptueuses quelle que soit la saison.
Sortir de ce gris, de cette ville de fous furieux qui ne profitent de rien. Je ne leur jette pas la pierre bien, au contraire, je les plains même. Je me rends compte de notre qualité de vie et je veux la préserver.

Mon souhait le plus cher : ne jamais ressembler à ce troupeau de moutons ou ces fourmis. Nos bêtes, je préfère les regarder vivre heureuses, à l’état naturel dans nos campagnes !

Je compte les jours … Mais ne prends pas la peine de m’écrire, si je passe au travers des grèves et manifestations, avec un peu de chances je serais revenue d’ici deux jours …

Bisous bétonnés mais pleins d’amitié 🙂

Charles

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