Bourquoi

Un jour, je suis venu voir ma grand-mère à sa maison de retraite, nous avons parlé pendant une petite demi-heure quand tout à coup elle a commencé à me parler de son enfance et du jour où elle a dû quitter sa maison à cause de la guerre.

 » C’était en 1956, j’avais 18 ans et  j’étais dans ma chambre en train de faire mes devoirs, je savais déjà que les villages d’à côté avaient été pris d’assaut, mais comme me l’avait dit mon père, je pensais que l’armée « anvi-commiuniste », anti-communiste mamie, allait bloquer les attaques. Une femme de ménage est arrivée en courant pour me prévenir de faire une valise avec pas beaucoup d’affaires dedans, je lui ai demandé « bourquoi » nous étions si pressés, et elle m’a répondu que mon père me répondrait sur le voyage. J’ai donc fait ma valise et j’ai descendu les grands escaliers du palais le plus vite possible pour me rendre dans la voiture qui se dirigeait à vue d’œil vers la côte. Sur le chemin, j’ai appris que nous partions en bateau le plus loin du Viêt-Nam pour éviter la guerre, je me suis d’abord énervée, puis j’ai compris que nos vies valaient mieux que nos vies au palais. Après des jours, et des semaines de route, nous sommes enfin arrivés en Guadeloupe, un pays que moi et mes sœurs ne connaissions pas. Ce voyage aura été long, ennuyeux avec beaucoup de cris, de pleurs, et d’incompréhension. »

 

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