Category Archives: S

S comme Sourire

Elle n’avait rien de différent des autres. Mais pour moi, c’était justement cette banalité qui la rendait particulière. Je me souviens : quand j’étais petit,  je la voyais tous les jours sans m’en rendre compte. C’est seulement après qu’elle a disparu de ma vue que je me suis rendu compte de son existence. Elle était très timide et la pauvre ne possédait qu’un seul œil, et c’était en ouvrant sa grande bouche qu’elle laissait passer les chanceux qui possédaient la voiture et  « la clé magique ».

Un jour, une voiture la percuta et lui brisa toutes ses dents qui la protégeaient des intrus ne possédant pas cette « clé magique ». Mais la pauvre s’en est retrouvée démunie et ainsi plusieurs personnes ont violé son intimité. Cela l’a rendue vraiment triste au point où son œil jaune qui s’illuminait à chaque fois qu’elle baillait ne brilla plus. Il fallut plusieurs mois pour que la malheureuse retrouve son sourire éclatant.

Depuis,  cette porte de garage a été changée, je la trouve moins joyeuse.

S comme Souvenir

Tout est éphémère, ce que nous sommes, ce que nous mangeons, notre apparence pourtant si importante, les personnes auxquelles nous nous attachons, la valeur des choses, notre corps, notre coeur, même la tristesse et la joie sont éphémères. Seuls les souvenirs restent indélébiles, gravés dans notre cœur, ils nous rappellent le goût qu’avaient nos émotions à un certain temps, nous colorant de mille couleurs. Ils ne nous quittent pas, ils nous raccrochent à ce que nous sommes, à notre vraie nature, ils ne nous démentent pas, et ne nous déforment pas. Eux, nous acceptent tels que nous sommes, pourtant ils ne nous connaissent même pas.

S comme S’ennuyer, Se taire ou S’amuser

Celui qui est grand celui qui est petit

celui qui est riche celui qui est pauvre

celui qui tape celui qui se fait taper

celui qui mange celui qui est affamé

celui qui boit celui qui est assoiffé

celui qui aime celui qui n’aime pas

celui qui adore celui qui déteste

celui qui s’ennuie celui qui s’amuse

celui qui est en retard celui qui est à l’heure

celui qui dit la vérité celui qui ment

celui qui rigole celui qui pleure

celui qui parle celui qui se tait

celui qui écrit celui qui efface

celui qui a chaud celui qui a froid

celui qui est mouillé celui qui est sec

Celui qui est mort Celui qui est en vie.

S comme direction ateliers Pierre Soulages

RUE DE LA MAIRIE

Les oiseaux chantent à tue tête. Plusieurs voitures se suivent et un embouteillage se forme ; je vois alors qu’un camion-poubelle est devant et prend son temps.

Le bitume est rouge, je ne l’avais jamais remarqué. Un chat passe devant moi, je le reconnais : c’est celui de mes voisins. Une voiture se gare. Le vent se lève, les arbres bougent et les feuilles me tombent sur la tête. Un monsieur monte la pente en vélo, il a l’air épuisé. Dans le parc des enfants jouent au foot.

MIROIR D’EAU

Un peu de calme, c’est apaisant, il n’y a personne. De gros pots de fleurs entourent le miroir d’eau, je trouve que c’est laid. Je remarque qu’il n’y a pas d’eau car on est au printemps et il ne fait pas chaud. De petites lumières sont posées au fond du bassin. Un garçon passe avec sa trottinette dans le miroir et essaye de faire des figures. J’entends les balles de tennis résonner. Tout à coup les lumières s’allument, il commence à faire nuit.

MONOPRIX

Les gens entrent et sortent du magasin. Un monsieur à la rue demande de l’argent. La bonne odeur du pain chaud me donne faim. Un coureur passe. Le gardien du magasin a l’air énervé, il vient de fouiller une vieille dame qui vient de faire sonner l’alarme. Une bande d’ados de 17 ans collés à leurs téléphones s’échangent des messages. Une dame sort avec un chariot énorme. Des gens s’arrêtent un instant pour regarder dans la vitrine. Un monsieur passe devant moi, je remarque qu’il fume et je me bouche le nez. J’observe les lettres du «monoprix» est je m’ aperçois qu’elles sont plus orange que rouges.

ÉCOLE ARISTIDE BRIAND

La sonnerie de l’école vient de retentir et les élèves cherchent leurs parents. Il y a des enfants qui jouent au ballon devant l’école et d’autres qui prennent un goûter.

Je vois les surveillants qui disent au revoir aux élèves. Un chien aboie. Une voiture rouge se gare, la musique est à fond. Je me rends compte que l’horloge de l’école n’est pas à l’heure. Le kiosque est en train de fermer, le vendeur est fatigué.

THÉÂTRE DES 2 RIVES

Quand je passe devant ce lieu, c’est très calme. D’un coté, il y a le théâtre et, de l’autre, la rue avec toutes ses voitures, ses motos et ses camions. Des gens attendent leur bus impatients. Sur le trottoir des pigeons cherchent à manger. Je remarque que le théâtre est vide. Il y a toute sorte d’affiches pour les prochaines représentations. En continuant mon chemin je vois une mère qui essaie de consoler son enfant qui crie très fort, je pense que même de l’autre coté de la rue ils l’entendent.

S comme fleur de Sakura

Je rentre du sport, j’ai de la chance il ne fait pas encore nuit, je peux admirer le coucher de soleil.  Loin derrière, les usines ne forment plus qu’un ensemble d’ombres, les voitures ont l’air de jouet de là où je les aperçois, comme si tout était inoffensif à cette heure là. Le bruit des moteurs est roi.

Je descends le long de la piste cyclable, la réalité me rattrape quand un vélo passe à coté de moi. Le temps d’un instant, j’entends une sonnette tinter. J’arrive devant la route, j’attends que le temps passe et les voitures avec, pour enfin pouvoir traverser sereine, mais le danger n’est pas écarté tant que je ne suis pas passée de l’autre coté .

J’arrive face à une clôture de magasin, j’observe attentivement les tags qui ne me disent rien, excepté celui en haut qui ressemble à une fleur sûrement faite au pochoir vu la précision du dessin. Je vois au loin : il y a un petit raccourci de pierre qui me sert uniquement quand je suis en retard, car les odeurs qui l’entourent ne sont pas agréables du tout .

Je continue ma marche et j’arrive à un rond-point, il n’y a personne, à croire que cette ville est dénuée de tout habitant. Je remarque que les poteaux sont légèrement penchés comme si c’était des dominos qui allaient s’effondrer un par un au ralenti.

Je tourne ensuite, je suis presque arrivée à destination, mais je m’arrête pour regarder l’arbre aux fleurs de sakura, bien qu’il soit caché par un grand arbre aux feuilles vertes foncées, la lumière contraste avec les couleurs rose de l’arbre, ce qui le rend plus visible. Après m’être attardée, je rentre enfin chez moi .

S comme Slime et Six

J’aime : les souris, le mot six, mon téléphone,  dessiner pendant les cours, ma maman quand elle ne me crie pas dessus, dormir dans mon lit, les endroits propres, l’odeur de l’herbe et du vernis, le barbecue, les pâtes au ketchup (avec de la viande bien sûr).

Je n’aime pas : les cours d’histoire, quand mes cahiers se déchirent, quand mes écouteurs  s’emmêlent, qu’on me crie dessus, le nombre 13, les haricots blancs de la cantine, que la 4G soit lente alors que nous sommes seulement au début de mois,  la substance du slime et des pâtes.

S comme Sixième étage

« Impresses »

le craquement de branches d’arbres

l’odeur du diesel

la fraîcheur du vent

le déplacement des nuages

le bruit d’un klaxon

l’arrivée du printemps

le renouveau de la nature

la clameur du marché

la chute de cette plume d’oiseau

le ballet des voitures

l’immeuble taggé

la solidité d’un échafaudage

la vue d’un 6ème étage

le son du chemin de fer

la vue vertigineuse

l’enchevêtrement des antennes

la variété de la couleur des murs

la multiplicité des cheminées

la nostalgie de la campagne

S comme Son, Sourire, Salon et Soleil

l’odeur des baguettes à ma fenêtre

le bruit des moteurs de voitures dans mon salon

le claquement des talons de chaussures dans mes oreilles

les pâtisseries aussi savoureuses que caloriques

le son des couteaux sur la viande

les cocottes de Pâques

l’odeur humide de la pluie

les nuages circulant dans le ciel

un voisin curieux

les murs des immeubles grisés par le temps

les papiers jonchant les trottoirs

les mégots de  cigarettes  écrasé sur le  pavé

le salon de toilettage et les clients ses chiens

le sourire  accueillant de la boulangère

le soleil lumineux sur les vitres

le chant des oiseaux

les sacs chargés de course des clients du Franprix

le va et vient des enfants à la sortie de l’école

le vent soufflant sur ma maison…

 

S comme Se promener sur Paris

J’aime :  les pommes, le chocolat, le foot, la nourriture, la musique, la patinoire , les jours fériés, les jeux vidéos, la mer, se promener sur Paris, les musées, les frites, les gens bien, les batailles d’eau,  les sortie scolaire, les fêtes, les voyages,les blagues et les animaux…

en revanche, il y a des choses que

je n’aime pas : le poisson, les légumes, les immeubles, les tags sur les voitures, les menteurs, les gens qui m’énervent, les ordinateurs lents, les pigeons, les examens, les rendez-vous, les sports comme le tennis, les gens qui transpirent, la guerre, les racistes, les vieux…

S comme Soupçon d’amour

J’avais tellement prié, tellement espéré que la guerre le garde pour elle. La jalousie qui me trottait la tête est devenue insupportable. Le lendemain, il m’a proposé un foot, j’ai accepté mais, encore une fois, il m’a prouvé qu’il ne m’a jamais connu, car je n’aime pas le foot, je préfère plutôt le rugby.

Plusieurs mois se sont passés, et j’étais toujours dégouté qu’il soit revenu, puis il a reçu un coup de téléphone qui lui a dit qu’il devait faire ses bagages et repartir à l’armée pour une mission. Alors, une semaine plus tard, il est parti, ma mère déçue, et moi heureux, heureux de retrouver ma place à table, heureux de retrouver ma place au lit à coté de ma mère bien au chaud…

Quelques mois plus tard ma mère a appris que mon père était mort. Elle a pleuré et moi aussi. Je ne savais même pas pourquoi mais peut être qu’au fond de moi, il y a un soupçon d’amour.