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Amis pour la vie

Je me souviens du jour ou j’ai réalisé un pacte avec mon meilleur ami. « Être amis pour la vie ».

C’était en fin d’année de maternelle . La fin de l’année approchait. Nous savions que les années suivantes seraient difficiles car nous ne serions plus ensemble. Jérémy déménageait. Il partait en province, prés de Bayonne. Son père changeait de travail.

Nous avions fait le serment de ne jamais nous oublier. Nous nous étions donné rendez-vous au parc de la Cerisaie pour sceller notre amitié. Nous avons échangé une petite voiture à laquelle nous tenions. Ainsi à chaque fois que l’on verrait la voiture on penserait a l’autre.

A ce moment-là, j’ai éprouvé de la tristesse, j’ai eu envie de pleurer car Jérémy allait me manquer. Les choses ne seraient plus comme avant. Nous avions l’habitude de nous voir tous les jours à l’école, de nous parler, de rigoler…  On se voyait même le week-end, car nos parents étaient proches. J’allais me retrouver avec mes autres amis mais avec une personne en moins. Les choses ne seraient plus pareilles. Les jours passaient et il me manquait toujours autant.

Aujourd’hui, qu’en-est-il de cet engagement?

Les années ont passé et nous sommes toujours amis. Nous nous voyons presque tous les ans en vacances à Hendaye.

Nous nous retrouvons toujours avec plaisir, ses parents, son petit frère et lui. Maintenant de nouveaux liens avec ses propres amis se sont créés, nous nous retrouvons tous a la plage pendant les vacances.

Le pacte a bel et bien marché.

Malgré la distance, notre amitié n’a pas changé.

La distance n’est pas une excuse pour mettre fin à une amitié profonde. « La distance rend toute chose infiniment plus précieuse ». (Arthur Charles Clarke)

Promesse

Ma mère était mourante, elle souffrait d’un cancer du poumon. Un jour, elle était là, dans son lit, souffrante mais heureuse. Mon frère et moi avions une femme et un mari, nous avions une famille. Il lui demanda pourquoi elle était souriante malgré la douleur. Et elle lui répondit que c’était parce que nous étions là, près d’elle, et que la vie lui offrait un superbe cadeau : qu’elle pouvait  mourir dans la maison, où  beaucoup de choses s’étaient passées. Dans cette maison, il y avait eu nos disputes, nos moments  de rires, et de pleurs. Elle était heureuse de mourir près de cela. Et, je trouvais cela magnifique, sa manière de réfléchir. Mon frère, lui,  pensait que nous pouvions encore la guérir. Alors, le lendemain, il se rendit à l’hôpital de Pau, un immense hôpital, le seul. Il se rendit là-bas, et demanda de l’aide au directeur de cette hôpital, pour transporter ma mère dans une chambre, et qu’ils, du moins, essayent de la guérir. Le directeur accepta.
Une  semaine plus tard, ils se rendirent chez ma mère et essayèrent  de l’emmener,  mais je leurs criais dessus pour qu’ils partent et qu’ils ne puissent plus venir. Je leurs criais de partir, qu’elle ne voulait aucun traitement, qu’elle voulait mourir en pleine liberté. Ils  partirent  et je regardais ma mère pleurant. À ce moment là, je lui  promis qu’elle pourrait mourir dans cette maison, et que ce choix  qu’elle avait fait, j’y croyais. Ma mère pouvait mourir comme elle le voulait même si cela signifiait que j’allais me battre pour elle. Dès le lendemain, j’étais à l’hôpital pour voir le directeur.
« Madame Ghosn, il faut que votre mère vienne, elle a besoin d’une  mort agréable et sans danger, me conseilla le directeur.
-Monsieur le directeur, si ma mère veut mourir chez elle, près de  nous et de nos souvenirs, elle le fera ! Si vous y voyez un malheur, eh bien allez voir ailleurs. J’assumerai les conséquences, mais ma mère le veut et cela est son souhait, alors sans être impolie, allez vous faire voir. Merci, j’ai fini, passez une bonne journée. » Et je partis, sans me retourner.
Toutes les semaines, mon frère venait et essayait de me convaincre, mais je le faisais partir et chaque semaine je lui disais de ne plus revenir, mais il revenait avec des infirmières. Je pleurais, sans que ma mère ne s’en rende compte. Elle devait mourir heureuse. Je le  lui avais promis.
Puis, un jour, mon frère vint me parler : « Caroline, elle a besoin de vivre, il lui faut des médicaments et un  équipement spécial, amène-la à l’hôpital.
-Non.
– Si tu ne le fais pas, je le ferai de force, me cria-t-il.
-Et bien, fais-le. »
Et, il me poussa violemment, ouvrit la porte, et des infirmières  sortirent de nulle part. Je les poussai, et les fis partir en criant  qu’ils devaient mourir et que ma mère mourrait commme elle le  souhaitait même si cela était dans notre maison.
Un week-end, j’étais avec ma mère, la regardant, elle me dit ces mots : « Merci ». Je lui souriais. Je savais qu’elle en était  reconnaissante. Le dimanche, dans la nuit, elle mourut dans la maison où elle nous avait éduqués, et aimés. Mais depuis, je ne parlais plus à  mon frère et chaque soir je m’excusais de cela auprès de ma mère.  Elle était sûrement triste pour cela, mais je pouvais être sur que ma mère est morte heureuse et en liberté malgré la douleur.