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M comme Mardis soirs

Devant le gymnase, après l’entraînement de Viet Vo Dao, il est tard, je tombe directement sur le camion de pizza. L’odeur de fast-food vient me mettre l’eau à la bouche. Une vieille dame que je vois tous les mardis avec son vieux chien passe devant moi. Elle me sourit, je la regarde partir. La nuit tombée, la rue de Paris est pratiquement vide et j’aime cette sensation de solitude.

Il reste  encore quelques personnes sortant du travail et attendant leur bus. Je les observe et m’amuse à trouver leurs métiers : un homme du trentaine d’années en costume, il doit certainement travailler à la banque, ce monsieur avec sa grosse veste et sa mallette, lui, doit certainement être prof, il est sans doute resté plus longtemps à son école pour corriger ses copies et… oh ! ce vieux monsieur qui n’a certainement plus l’âge de travailler . J’attends que le feu passe au vert en continuant mon jeu. Je vois à ma droite les dernières lumières des boutiques des galeries s’éteindre, seuls Monoprix et Mcdonald restent allumés.

Dans la  rue de Conflans, le vent froid d’hiver vient glacer la transpiration qui était restée chaude jusque là. Il y a cet homme, le sourire aux lèvres, certainement content de retrouver sa femme et sa fille.

Devant la synagogue, comme tous les mardis soirs, il y a ce vieux monsieur qui fume sa cigarette, accoudé sur les barrières qu’a installées la mairie après les alertes attentats en France. Sur ma droite, se trouve le Francash qui vient tout juste d’ouvrir. Le pont en face de moi ne bouge plus d’un pouce ; à cette heure-ci, il n’y a plus de passage.

Je vois la lumière de mon salon allumé et j’espère que ma mère va m’annoncer que ce soir c’est sushi. En attendant que ma musique se termine, je compte le nombre d’appartements qui sont encore allumés… mais apparemment mes voisins sont tous vieux. Le grillage qui d’habitude est recouvert de feuilles se retrouve nu à cause de cette hiver glacial.

M comme Mais

les bâtiments collés les uns aux autres

le grand ciel bleu

le lampadaire solitaire accompagné de plusieurs bancs

les arbres recouverts de feuilles

la rue qui descend vers le centre de Charenton

le grand  pont qui relie Natixis à la Coupole

les facteurs qui partent de la poste pour aller travailler

et les banquiers qui travaillent à Natixis

l’odeur désobligeante des cigarettes allumées par les banquiers

mais la bonne odeur du pain de la boulangerie du coin

le désagréable bruit des trains qui passent

mais le doux bruit du chants des oiseaux

le balcon fleuri du voisin d’en face

mais celui de la voisine

vide

Avec Mansata

M comme Moche

Elle est moche, elle pue, elle est rectangulaire, on y trouve parfois des clochards, on peut trouver un corps mort dedans, la dernière fois j’ai vu une souris s’y balader. On y met nos déchets du passé, nos photos de l’avenir, je peux y perdre ma boucle d’oreille quand je m’approche trop près. Elle n’est pas très belle ma poubelle.

M comme Métiers

Agent de sécurité
Boulanger
Caissier
Dermatologue
Eboueur
Facteur
Garagiste
Horloger
Ingénieur
Jardinier
Kinésithérapeute
Libraire
Maçon
Nourrice
Océanologue
Professeur
Qualiticien
Radiologue
Sapeur pompier
Technicien
Urbaniste
Voiturier
Wagonnier
Xylophoniste
Yaourtier
Zoologiste

 

M comme M&M’s

C’est une machine qui distribue de bonnes choses… parfois inattendues.

Une fois, il m’est arrivé  une petite anecdote avec cet objet. On était à Aquaboulevard avec ma mère et ma sœur. On a voulu prendre des M&M’s dans la machine. Evidemment, on voulait  en prendre deux. Le premier est bien passé et puis le deuxième est resté bloqué ! Alors on essaye de  bousculer la machine mais le paquet ne descend pas. Mais moi je voulais mon paquet de M&M’s, ma mère a remis une pièce. Et deux paquets  sont tombés !

On était content avec ma sœur car on avait trois paquets pour deux.

 

M comme Métal

Je suis dans les rues de Marugame, au Japon. Je me promène en observant les rues et j’arrive à ma destination.

Devant la grande boîte de métal, qui ne bouge pas mais qui attend, elle observe les gens passer et partir.

Moi, quand je sors, c’est pour la voir, je l’observe aussi : ses nombreux boutons verts clignotant de partout, mais parfois rouges !

A l’intérieur, elle est froide, remplie de promesses.

Quand j’ai fini de l’observer, je fais glisser deux pièces et j’appuie sur un bouton.

Je prends la boisson et je pars sans laisser de trace.

M comme Morris

De sa haute taille, elle me dévisage. On peut voir le reflet de sa couleur dans mes yeux. Traversant toutes les saisons, elle reste immuable dans son manteau d’acier. Les affiches de cinéma et de théâtre habillent sa forme circulaire de nouvelles couleurs chaque mois. Au coin de la rue, à côté de l’école primaire, cernée de platanes,  la colonne Morris me donne envie de découvrir chaque semaine de nouveaux films.

M comme Manger et faire à Manger

J’aime les jeux vidéo, regardé des vidéos, manger, faire à manger, sortir, acheter des choses, aller dans un fast-food, voyager, la télé, apprendre certaines choses, les mangas et j’aime la vie tout simplement…

Je n’aime pas l’école, certaines matières, les cours, aller chez le dentiste,  aller chez le médecin, faire la vaiselles, ranger ma chambre, être puni, les rapporteurs, avoir de mauvaises notes, m’embrouiller, les hypocrites…

La Mère

J’avais tellement prié, tellement espéré que la guerre le garde pour elle.

Papa était le genre d’homme sûr de lui, chaque soir maman me racontait des choses merveilleuses sur lui, les larmes au yeux. J’ai fini par le détester (au lieu de l’admirer). Maman pleurait à cause de lui ! Elle ne voulait certainement pas que je déteste mon géniteur comme elle, elle le détestait. Car oui ! Elle le détestait et je l’ai su sans même qu’elle me le dise.
Il a avancé d’un pas vers moi avec ses bras grand ouverts pour m’accueillir. Je l’ai détaillé scrupuleusement. Il  ne me ressemblait pas, pas beaucoup du moins. Il a renoncé, rejetant ses bras le long de son corps et il est entré dans la maison :
– Que c’est bon de rentrer chez soi !
J’ai répondu du tac au tac :
– Ce n’est pas chez toi.
Il s’est retourné vers moi et s’est mis à ma hauteur :
– Ecoute, mon enfant, je sais , je n’ai pas été présent pendant longtemps mais maintenant je suis là ! C’est-ce qui compte, pas vrai?
Un silence s’est installé, je ne voulais pas de lui ! Je ne disais rien. Il a fini vite par le brise r:
-Et puis, regarde moi toutes ces étoiles et médailles rien que pour toi !
Alors c’était ça son objectif ? Il a voulu me racheter avec des objets métalliques ? Je n’ai peut être que dix ans mais je suis loin d’être naïf ou bête !
J’ai détourné le regard et je suis parti vers la cuisine. Il était temps de diner. Je me suis assis à ma place habituelle, près de maman, et j’ai commencé à manger sans attendre personne. L’homme est arrivé  et s’est installé en face de moi, en me fixant et en mangeant lentement.

Une fois le diner fini , je suis parti dans la chambre de maman et je me suis installé en l’attendant. mais cette attente a duré trop longtemps, j’ai décidé de me lever et d’aller voir ce qui se passait.
J’ai vu maman suffoquant, les larmes au yeux. Elle murmurait des choses incompréhensibles pour moi à l’homme dans ses bras. Papa l’a prise dans ses bras tentant de la réconforter mais  peine perdue, elle a crié un « je l’aime! » en le rejetant et le poussant par la même occasion le plus loin possible de son corps. Elle était désespérée et moi aussi par la même occasion.
Papa a remarqué  ma présence et il m’a fait signe de venir. J’ai exécuté l’ordre sans broncher. Il m’a pris dans ses  bras avec maman et il nous réconfortait du mieux qu’il pouvait de notre peine. La mienne de voir un homme surgi de nulle part et celle de maman sans aucun motif. Il m’aide et aide  maman à se sentir mieux. Après tout, je l’ai peut-être jugé un peu trop vite ?
Des semaines ont passé et je suis devenu très complice avec papa. On passait beaucoup de temps ensemble, on jouait comme une famille, on rigolait comme une famille. Quant à maman, un vrai désastre. Elle est devenue maigre, un teint blanc accompagné de yeux rouges. A chaque fois que je lui demandais ce qui n’allait pas, elle répondait : « J’ai mal ici mon ange » en me pointant le côté gauche de sa poitrine. Je faisais tout pour la réconforter avec papa mais ça ne marchait pas.
Un matin, j’attendais que maman vienne me voir dans mon lit comme à notre habitude mais elle n’est pas venue. Alors j’ai décidé d’aller la voir. Dans sa chambre, elle était allongée sur son lit. Je me suis approché d’elle doucement. Arrivé près de son lit, je l’ai secoué légèrement en l’appelant.
-Maman ? Maman ?
Elle ne répondait pas. Je l’ai secouée une deuxième fois mais j’ai eu le même résultat. Elle avait un teint horriblement blanc. Blanc comme la mort. J’ai pris sa main droite qui était glacée et l’ai relâchée instantanément pour aller chercher ma couette. Je l’ai déposé sur maman et j’ai pris ses deux mains. J’ai voulu prendre la main gauche mais j’ai trouvé  un papier. Je l’ai déplié et vu beaucoup de lettres. Mais, à cette époque-là, je ne savais pas lire. L’école n’était pas de partie avec la guerre. Alors j’ai déposé le papier sur le côté et repris ses deux mains dans les miennes, quelques larmes coulaient sur mes joues. Des larmes aussi silencieuses que le silence qui régnait dans la pièce. Un silence de mort… L’atmosphère était si légère qu’elle faisait peur. Je redoutais le pire. Mon amour n’est-il pas assez fort pour qu’elle se lève chaque jour en remerciant Dieu de ma présence? Les larmes au yeux, les prières dans ma bouche et mes mains dans les siennes, j’attendais que papa vienne m’expliquer mon malheur.
Il a fini par arriver quelques temps après, il est entré dans la chambre et il m’a vu, les larmes au yeux, avec maman dans les mains. Il a affiché une mine triste laissant couler un flot des larmes silencieuses sans aucun bruit :
-Pa..p-a el-elle a quoi ma-maman?
– Elle est partie rejoindre la paix.
– Mais ,m..m-ais  elle reviendra quand?
– Elle reviendra te chercher.
– Mais pourquoi?
– Parce que le temps change le monde mon fils.
Ce jour là je ne savais pas ce que disait papa ; aujourd’hui, j’ai l’age que mon père avait quand il est revenu et je comprends.Je suis grand et j’ai fini la guerre parce :
Après la guerre, il y a la paix.