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A comme Audimat

-Ne t’inquiète pas, il sait ce qu’il fait.

Les deux journalistes suivirent le garçon et traversèrent la colline, ils marchaient lentement car le sol enneigé ne rendait que plus compliqué le chemin. Au bout de quelques heures,  à bout de force  et affamés, ils s’arrêtèrent et décidèrent de faire une pause pour manger ces infâmes boites de conserve, les conditions ne leur donnaient pas d’autres choix . Après avoir mangé, la nuit tomba, sans aucun gadget électrique excepté une camera.  La nuit était noire,  ils se résignèrent à aller chercher un lieu où dormir puis ils pensèrent aux petites maisons regroupées au pied du vallon et toquèrent à la première venue. Ce fut une dame qui leur ouvrit, Yochka qui comprit bien vite que les deux reporters ne pouvaient rien dire puisqu’ils  ne parlaient pas leur langue expliqua à la dame qu’ils avaient besoin d’un toit pour une nuit . La dame, tout d’abord inquiète de faire entrer des inconnus chez elle, accepta finalement. Ils entrèrent et la vieille dame les emmena dans une pièce légèrement étroite mais qui contenait trois lits et laissa le journaliste, le cameraman, et Yochka s’installer. Puis tous s’endormir dans les bras de Morphée.

Du moins c’est ce qu’essaya de faire Jean Yve Delorce mais, perturbé par le bruit, il n’arrivait pas à s’endormir, il pensa que cette nuit-là tout était beaucoup plus bruyant que d’habitude. Tout d’abord pensif, il se dit que c’était normal après tout, c’était la guerre, puis il entendit des détonations intenses alors il sortit et alla voir ce qui se passait. Il eut à peine le temps de se retourner que les maisons furent attaquées, les soldats avait lancé des attaques de tous les cotés. Jean-Yves tenta d’aller dans la maison chercher son ami mais il n’était plus qu’à moitié lui même, dépourvu de presque la moitié de ses sens, il ne voyait presque rien et ses oreilles étaient ravagées par les bruits assourdissants que produisaient ces attaques. Tout ce sang qu’il voyait, toutes ces victimes qui couraient partout, il entendait des cris et des pleurs, hurlements de la souffrance, appels à l’aide. Mais Jean Yve Delorce ne put aider personne car, à peine quelques secondes plus tard, il s’effondra au sol .

Quelques semaines après ce tragique incident, voilà ce qu’on pouvait regarder en une : « Deux reporters meurent en mission en essayant d’aider une vieille dame et son petit garçon ». Ce fut sans doute l’une des plus grandes réussites du journal qui avait perdu leurs reporters mais récupérer leur audimat .