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L’incroyable histoire d’un Breton alcoolique

C’est une histoire que m’a racontée mon grand-père quand j’avais 7 ans. Quand il était jeune, il buvait beaucoup d’alcool parce qu’il est breton.

J’étais parti picoler avec mes amis Benoît et Bertrand. Mais dis-moi, papé, c’est qui Benoît et Bertrand ? Mais si tu sais, Benoit et Bertrand, les bouchers ! Ah oui, les bouchers, non vraiment je vois pas. Bon passons, j’étais parti picoler avec ces deux lascars au Barreau, le bar où l’on ne boit pas d’eau. C’était la première fois que j’y allais car mon bar préféré avait fermé pour des problèmes d’argent. Je m’étais bourré la gueule comme jamais. Et puis après, blackout total. Papé, ça veut dire quoi blakaoutte ? C’est quand tu oublies ce qu’il s’est passé. Donc je me suis réveillé tout nu dans la rue avec une chope de bière pour cacher mon tuyau d’arrosage. Dis papé, c’est quoi un tuyau d’arrosage ? C’est pour arroser les belles plantes mais laisse-moi finir mon histoire. Je suis retourné au bar et la façade était toute brulée. Je suis entré dans le bâtiment et le barman, pourtant bien sympathique la veille au soir, me crie : »Oh non toi tu dégages, t’as causé assez d’ennuis comme ça ». « Mais que s’est-il passé ? » répondis-je. « T’as qu’à le demander à tes deux potes à qui t’as cassé la gueule, espèce de penn boultouz ». Et sur ces mots je sortis du bar tout interloqué et me rendis à la boucherie. Une fois arrivé, je ne vis que Bertrand, vêtu d’un coquard à l’œil droit. Il fit mine que rien n’était arrivé et me salua poliment. Mais Benoît me chopa les bras par derrière. C’était un piège. Ces deux couards savent qu’ils n’ont aucune chance en frontal contre moi. Quels toulls foers ! « On va te faire regretter ce que t’as fait ». « Mais je ne sais même pas ce que j’ai fait ». « Te fous pas de nous, sac’h koac’h ». Ils commencèrent à me frapper. Après une heure de martyr, ils en eurent marre. « Et qu’on te revoit plus, bramm kog ». Et je suivis ses conseils avisés et je rentrai tranquillement chez moi, constatant que cette histoire ne m’apportait que des ennuis. D’ailleurs c’est peut-être pour ça que je ne t’ai jamais parlé des bouchers.