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M comme Morris

De sa haute taille, elle me dévisage. On peut voir le reflet de sa couleur dans mes yeux. Traversant toutes les saisons, elle reste immuable dans son manteau d’acier. Les affiches de cinéma et de théâtre habillent sa forme circulaire de nouvelles couleurs chaque mois. Au coin de la rue, à côté de l’école primaire, cernée de platanes,  la colonne Morris me donne envie de découvrir chaque semaine de nouveaux films.

O comme Ombre

Ce matin, tout à coup, je m’aperçois d’un oubli de cahier. Je décide d’aller le chercher chez mon père.

Je sors de chez moi, la porte claque. Le soleil m’éblouit, je distingue l’ombre des arbres. J’entame mon chemin vers les boutiques. Ma marche est calme et je profite de ce moment de solitude.

Le bruit du métro, me rappelle qu’il faut que je me dépêche. J’arrive au bout de la rue, la lumière de la croix de la pharmacie clignote. Je tourne au coin de cette avenue rapidement.

Maintenant, je dois me diriger vers le tunnel. J’y croise des enfants jouant au football bien que ce soit interdit. Un ballon roule à côté de moi et finit sa course sous une voiture. Je souris.

Je sors du tunnel, dans cette rue l’ambiance est calme. Seule une voiture vient en troubler la quiétude. Je presse le pas, j’aperçois le temple au bout de la rue : je suis presque arrivé.

Je dépasse le temple, d’où sortent des chants. Au loin, la verdure du bois accroche mon regard. Je suis arrivé.

S comme Sixième étage

« Impresses »

le craquement de branches d’arbres

l’odeur du diesel

la fraîcheur du vent

le déplacement des nuages

le bruit d’un klaxon

l’arrivée du printemps

le renouveau de la nature

la clameur du marché

la chute de cette plume d’oiseau

le ballet des voitures

l’immeuble taggé

la solidité d’un échafaudage

la vue d’un 6ème étage

le son du chemin de fer

la vue vertigineuse

l’enchevêtrement des antennes

la variété de la couleur des murs

la multiplicité des cheminées

la nostalgie de la campagne

V comme la Vie

Quand je ne serai plus de ce monde, me souviendrai-je de qui j’étais ? Irai-je quelque part, dans un autre monde ou un autre univers ? Deviendrai- je riche ? Aurai-je des amis ? Vous reverrai- je vous les morts vivants qui ne jurez que par vos smartphones, qui avez pollué la terre, détruit tout ce qui à l’origine n’était que pure beauté et nature  ? Reverrai-je mes parents, ceux qui m’ont tant chéris ? La mort ne serait-elle pas une sorte de nouvelle vie ? Ne serait-elle pas un mensonge soufflé aux oreilles de nos parents pour nous faire peur comme les histoires que l’on nous racontait le soir ? Au contraire la mort ne cacherait-elle pas une sorte de nouvelle vie ? La mort ne pourrait-elle être pas une forme de réincarnation ? Sommes-nous conscients que notre âme quitte notre corps pour aller je ne sais où ? Mais finalement sommes nous réellement vivants ?

avec Noor

C comme Couronnes, Chocolat, Coca et Canapé

Nous aimons : les couronnes de tulipes fraîches, le chocolat, parler avec nos amis partout, le coca qui vient de sortir du frigo,  les sensations fortes, jouer au volley, les belles poésies, rigoler, aller chercher le lait à la ferme, chasser des pokemons, manger des chips, passer de bons moments en famille, regarder Netflix dans le canapé, participer à des festivals, faire des anniversaires surprises…

Nous n’aimons pas : la nourriture de la cantine, le roquefort, les personnes qui nous prennent la tête, quand notre téléphone se décharge,  quand nos petits frères nous embêtent, le lundi, que nos proches oublient notre anniversaire, rater un épisode de notre série, la télé réalité, qu’on nous embête quand on est fatigué, rester dans le noir, quand notre mère nous fait la tête,  les a priori, les préjugés,  rater la sieste…

avec Noor

 

F comme Fenêtre fermée

J’étais en vacances chez mon grand-père, à la campagne près d’Angers. Sa maison est équipée d’un système de domotique. Nous passions de bonnes journées en sa compagnie mais, un soir, à une heure tardive, l’alarme se déclencha, c’était les fenêtres du salon qui étaient ouvertes mais, quand nous descendîmes, les fenêtres étaient fermées. Alors nos grands-parents firent venir l’équipe technique pour qu’ils vérifient si le système n’avait pas de problème et c’était le cas. Alors cela recommença les jours suivants et l’équipe technique revenait tous les jours jusqu’à ce qu’un beau matin mon grand-père et moi nous nous rendîmes compte que c’était le vent qui avait déréglé l’alarme.

H comme Hargne du vide

La peur de partir avec l’envie de mourir                                                   
La joie d’un décès avec la tristesse de vivre                                             
La confiance d’un râteau avec la violence d’une personne
L’effroi d’une pensée avec le plaisir de l’oubli
La honte d’aimer avec le besoin de ta vie
L’envoûtement de réussir avec le désir d’un amour                                         
Le stress d’une blessure avec la douleur d’une demande                             
L’inquiétude de parole avec l’absence d’une attente           
La hargne du vide avec la sensation du vaincu
La méfiance d’un jour avec l’espoir d’autrui

L comme Limoux

C’était un samedi après-midi, lors d’un match de coupe de France. Nous jouions contre Limoux (sud de la France).  Le match était excitant pour moi parce que c’était mon premier match officiel.

Il faisait froid mais le match était quand même passionnant sur le terrain. Bon, au final nous avons perdu 38-12. Ce n’est que quelques minutes après le coup de sifflet final, que je me rendis compte de ce qui venait de se passer.

Alors,  je commençai à me refaire le match depuis la conversation du coach dans le vestiaire. Au début du match j’étais anxieux  de ce qui allait arriver et, en même temps, très curieux du déroulement de la rencontre. Malgré la défaite, je peux me dire, après coup, que je ne suis pas déçu du résultat.

Parce que l’équipe et moi même avons appliqué les consignes de nos entraineurs, nous avons eu bon esprit d’équipe et nous avons quand même réussi à marquer deux essais contre la deuxième meilleure équipe de France devant nos familles et ça, c’était vraiment génial. Au final, que ce soit pour moi ou pour mes coéquipiers, nous avons passé un bon moment.

B comme Bégayer

Elle quitta le bal vers quatre heures du matin avec son mari. Elle avait été  remarquée par plusieurs hommes haut placés. Elle partit en rêvant à tout ce qu’elle avait pu vivre durant ces dernières heures. Rentrée chez elle, elle se déshabilla et posa la parure à son chevet puis se coucha.

Le lendemain matin, son mari partit travailler au ministère et Mathilde alla chez son amie madame Forestier. En chemin, elle prit quelques fleurs pour son amie, c’était une façon de la remercier du prêt de la rivière de diamants. Elle arriva chez son amie et lui tendit la parure et les fleurs qu’elle avait prise.  » Merci beaucoup, ma chère, mais il ne fallait pas! dit madame Forestier.
– Ce ne sont que des fleurs. répliqua-t-elle.
– Tu pourras m’emprunter d’autres bijoux pour certaines occasions, affirma madame Forestier.
– D’accord, j’y penserai et encore merci ».

Un mois plus tard, Madame Loisel reçut une lettre d’invitation de monsieur et madame Georges Ramponneau à dîner à leur domicile. Son mari rentra quelques heures plus tard et elle l’informa de cette nouvelle.

Le lendemain, madame Loisel alla chez son amie et lui emprunta des bijoux.

Le soir de la fête, le ministre prit madame Loisel à part et lui dit les mots suivants : « Madame, je vous ai remarquée depuis longtemps. Je vous demande de rester à mes côtés et de quitter votre mari.  »

Choquée par cette annonce , elle bégaya, réfléchit  et répondit :          « Je voudrais vous accorder cette faveur, mais j’aime mon mari plus que tout ».